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mardi, 15 novembre 2011

Des fourmis dans la bouche

Pas facile de caser des décennies de traditions, de soleils brûlants, de mariages forcés, de transmissions de savoirs, de contes et légendes, de terres arides, de fatalité acceptée, normalisée, dans une valise, dans 40m². Khadidja elle a juste la place pour ses cinq enfants, son tapis de prières, les langues de vipères et la faim qui fait gronder les âmes.


 

Elle aurait pu faire de la place pour Jacques Lenoir, mais lui il en a pas voulu, il en a pas non plus pour elle, pour son Mali, pour ses ancêtres, pour la misère qu'on tente de camoufler dans le ventre de femmes engrossées à chaque visite annuelle du mari, celui-là même parti conquérir l'eldorado français, terre promise, fertile, abondante et généreuse. Mais les lumières des Champs-Elysées franchissent les frontières beaucoup plus vite que le murmure des sans-papiers, sans-abri, sans un regard, qui y font la manche, la nuit. Et le temps que les Africains s'en rendent compte, Paris leur a tout repris, rêves, espoirs, dignité. Pauvres parmi les pauvres, pauvres loin de chez eux. Et pour ceux restés là-bas, au Mali, ou ailleurs, le fantasme persiste et le besoin d'argent croît.

 

Khadidja en a assez des fourmis dans la bouche de ses enfants. Oui, elle les préfèrerait dans ses jambes. Car une chose semble ne pas pouvoir, ne pas vouloir quitter le Mali.. Et Khadidja pense de plus en plus à partir la retrouver, pour lui présenter ses enfants...

 

 

 

Note : 7/10

 

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