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jeudi, 31 janvier 2013

Mort d'un jardinier

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Naissance,vie, mort. Trilogie jardinière, triptyque universel, ballet incessant, éternel, s'entrecroisant inlassablement, entre deux brins de mauvaise herbe, sous une motte de terre, au nez d'une taupe égarée, derrière un coup de pelle, dans une envolée volatile, à l'ombre d'un châtaigner, parmi les souvenirs.

Enfance, adolescence « adultescence » se frôlent, s'entremêlent, au détour d'un potager, dans les cendres nécessaires, dans les souvenirs végétaux, espoirs terreux, déceptions fruitières, joies récoltées, cycle perpétuel tourbillon de gestes d'émotions de moments poésie du jardin pour dire la fin, le (re)commencement, la nature qui perd ses droits le jardinier qui les lui rend qui l'a si longtemps apprivoisée va bientôt la nourrir de sa chair propre, compost en prose humaine animale végétale la prochaine récolte aura un goût de lui de sa vie de ses bonheurs de son labeur.

Plantation jachère défrichage, alexandrins taillés à coups de bêche, de hache, de râteau, laitues oignons fraises riment ensemble, en chœur, strophes enracinées, métaphores d'herbier, les voyages s'enroulent autour des paysages, l'amour se conjugue à tous les lieux, les époques se délocalisent et les musiques s'entre-résonnent. « au bout du champ un piano droit est posé sur quatre briques au milieu du chemin »

Crucifixion au sol, au centre du jardin, au centre de ta vie, « tu rédiges les versets de la terre tu graves dans la glaise ton corps est ton dernier volume, les rides et les cicatrices les plis et les replis, les bosses et les creux racontent ton histoire et celle de tes frères »

Les fleurs de cerisier sont des boules de papier froissé, qui, comme le fruit, se teintent de rouge à l'approche de la définitive gravité.

Semence des mots, récolte de poèmes, tu sarcles à la main, la mort préfère sa faux. Tu es là, jusqu'à la fin tu es là, tu ne veux pas finir avec les épluchures, alors « tu avances dans le temps du rêve »

« tu n'es plus connecté au serveur de la réalité ici et maintenant, tu glisses dans un autre monde, dans les débris d'images projetées pulvérisées par ton cerveau en capilotade »

Les éléments se font souvenir, le jardin déroule le scénario d'une vie, ou chaque graine, chaque parasite joue son propre rôle, dit son texte, et la douleur rappelle le souvenir à la terre.

Note : le plus grand des jardins

lundi, 28 janvier 2013

Au Bon Roman

littérature, livre, roman, Au Bon Roman, Cossé

« Toutes les subtilités de la vie sont la matière des livres. Il insistait : Tu notes bien que je parle du roman ? IL n'y a pas que les situations d'exception, dans les romans, les choix de vie ou de mort, les grandes épreuves, il y a aussi les difficultés ordinaires, les tentations, les déceptions banales, tous les comportements, des plus beaux aux plus misérables. [..] Des adultes vont te dire que non, que la littérature n'est pas la vie, que les romans n'enseignent rien. Ils auront tort. La littérature informe, elle instruit, elle entraîne. »

Ça commence par des crimes, des attentats psychologiques, le mystère est complet. Une enquête doit être menée, alors il faut raconter toute l'histoire. Toutes les histoires. D'amour, politiques, de jalousie, de haine. Un « je » s'en charge, très discret au début, laissant place à l'intrigue, pour s'affirmer, au fil des pages, et enfin se révéler, au lecteur, à lui-même.

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