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samedi, 02 mars 2013

Rhapsodie d'un bohémien de dix-sept ans un samedi après-midi (Rimbaud - 6ème jour)

littérature,livre,poésie,poème,rimbaud,à la musique,sensation,roman,ma bohème l'étoile a pleuré rose- Ahhh, mais maman arrête de crier, steuplé, j'suis pas sourd...

- Je ne crie pas, j'te f'rais dire, et ne prends pas ce ton avec moi hein ! T'as vu l'heure ! On est au beau milieu de l'après-midi, papy et mamie sont repartis sans même t'avoir vu.. super l'esprit d'famille !

- Ohhh maman, dé-so-léééé, mais voilà, on est partis en soirée, on a pas vu l'temps passer,
« J'ai embrassé l'aube d'été
[...]
Au réveil il était midi
 »

- Midi ! Mais il est bientôt 16h là ! Te moque pas d'moi !

- Ohh, mais c'est bon, quoi, t'as jamais été jeune ?
« On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans,
[...]Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête... 
»


 - Quoi ? Tu as bu, en plus ! Et t'étais avec qui au juste ? Encore ta bande de voyous ! Et y avait des filles je suppose ? Tu t'protèges au moins ??

- Arrête maman... c'sont pas des voyous, déjà, et puis tu m'connais non ? Tu l'sais qu'j'suis pas un délinquant, et j'ai pas l'intention d'être fils-père..
« Moi j'suis débraillé comme un étudiant,
[...]elles le savent bien
[…]
Je n'dis pas un mot […]
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas...
Et j'sens les baisers qui me viennent aux lèvres... 
»
Mais ça va pas plus loin pour l'instant, c'est bon, flippe pas comme ça...

- N'essaie pas de m'embobiner.. j'ai retrouvé un mot, dans ta poche.. :
« L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins ;
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain 
»...
Alors.. si t'as des ennuis... faut nous en parler.. on sait c'qui s'passe dans certains quartiers.. et toutes ces histoires de secte...

- Arrête, maman, tu trouves pas qu't'en fais trop là.. ? J'suis claustro, j'vais pas dans les caves.. et pour les sectes, c'est pas avec l'argent d'poche que vous m'donnez qu'j'pourrais m'payer un gourou...

- Ce mot.. c'est juste que... y a une fille..au bahut...

- Ah... ce n'est qu'ça.....

- Si tu l'dis maman, si tu l'dis.. c'est juste ma vie privée quoi..

- Oui, bah, avec votre génération on n'sait plus quoi penser hein, et tous vos réseaux sociaux là, toujours le nez dans l'écran, vous n'savez pas où vous mettez les pieds, des fois, y a d'quoi finir dans le mur non ?

- Mamaaaann....(soupir) Déjà quand j'avais douze-treize ans, j'étais un :
« - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes
 »

- Moui.. c'est pas faux.. toujours dans la lune.. mais.. justement, fais attention, un peu, redescend sur terre de temps en temps.. Tu penses à tes études au moins ? T'as le bac à la fin de l'année hein, tu t'en souviens ??

- Ouiii mamannnn... mais vous avez jamais eu à vous inquiéter pour mes études, pas vrai ?

- Oui oui.. mais bon.. mais nous sommes tes parents.. on s'fait du souci, c'est normal non ?

- Ouais, ouais, sûrement oué..

- Bon, j'te laisse t'habiller, viens au moins dire bonjour à ton père...

- Okééééé, j'arriiive...
« Et la Mère, fermant le livre du devoir,
S'en allait satisfaite et très fière, sans voir,
Dans les yeux bleus et sous le front plein d'éminences,
L'âme de son enfant livrée aux répugnances. »

- Pardon ?

- Non non rien, j'réfléchissais à c'que j'allais réviser...

- Voilà ! C'est mon fiston ça !

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