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lundi, 25 mars 2013

Beau comme une couverture de roman à l'eau d'rose (Charles Cros - 1er jour)

littérature, livre, poésie, poème, cros, malgré tout, campagne, paysan

(juste avant)

"Oh nonnn, mes bottines « Truitton » en cuir de veau retourné toutes neuves... pffff.. c'est malin ça.. et laisse tomber comment ça pue.. d'ici à c'que j'arrive chez lui ça aura déjà attaqué la matière.. Mais bon, après tout, juste retour des choses ! Le cuir du veau retourné par la bouse de sa mère.. Manquerait plus que j'me torde une cheville..
Pff.. un truc comme ça, ça s'rait jamais arrivé dans « The simple life », jamais ! Au moins là-bas la campagne elle était toute propre, les champs bien rangés, les vaches bien gardées avec des toilettes privées..


Non mais quelle idée j'ai eue d'accepter d'venir.. j'aurais jamais dû dire que j'le trouvais sexy (même si c'est vrai..), son p'tit côté Charles Ingalls métrosexuel, qui fait tout à l'ancienne (sauf l'amour, j'espère!).. C'était à vous donner des envies d'vous appeler Caroline, de mettre des chemisiers brodés et d'aller cueillir quelques pommes pour faire une tarte. En plus j'ai la lingerie parfaite pour y jouer.. En fait, quand vous l'voyez, vous pensez tout de suite : « c'est lui le  beau brun ténébreux des couvertures de romans à l'eau d'rose »..

Petite satisfaction quand même, la gravure d'à la mode de chez eux m'a choisie, parmi des milliers de candidates ébahies, aveuglées par cette beauté sauvage, rustique, qui doivent meugler d'jalousie. Et je les comprends.

A propos d'meugler, si elles pouvaient arrêter d'me regarder comme ça, les « cow-girls », avec leur œil qui semble empli d'une douce et impassible folie meurtrière, ce genre de regard qui te dit : « là j'ai pas envie d'te bouffer, mais qui sait, d'ici quelques secondes j'pourrais très bien changer d'avis.. ». Et là vous priez pour qu'un train fasse diversion. Enfin, le train.. c'est sûrement abstrait, comme concept, par ici..

Ah la la.. y a pas à dire.. ça rendait pas pareil à la télé.. Déjà y avait du soleil.. et des routes aussi.. pas ces maudits chemins de terre et de cailloux.. Peut-être qu'ils font un élevage de p'tits poucets, dans l'coin, allez savoir.. Eh bah, comme ça, au lieu d'semer des cailloux, ils porteront mes affaires au pressing.. Stalle-one y croit quand même pas que j'suis la reine de la centrale vapeur j'espère !

Et j'espère pour lui qu'il a au moins le wi-fi.. j'ai des bottines à racheter moi.. Tiens, on dirait qu'c'est lui, là-bas.."

Pendant ce temps-là, à l'autre bout du chemin des petits poucets :

« Je sens la bonne odeur des vaches dans le pré ;
Bétail, moissons, vraiment la richesse étincelle
Dans la plaine sans fin, sans fin, où de son aile
La pie a des tracés noirs sur le ciel doré.

Et puis, voici venir, belle toute à mon gré,
La fille qui ne sait rien de ce qu'on veut d'elle
Mais qui est la plus belle en la saison nouvelle
Et dont le regard clair est le plus adoré.

Malgré tous les travaux, odeurs vagues, serviles,
Loin de la mer, et loin des champs, et loin des villes
Je veux l'avoir, je veux, parmi ses cheveux lourds,

Oublier le regard absurde, absurde, infâme,
Enfin, enfin je veux me noyer dans toi, femme,
Et mourir criminel pour toujours, pour toujours !(*)

Mais pas trop longtemps hein, parce que, les vaches, elles vont pas s'traire toutes seules !

 

(* : Malgré tout)

Commentaires

J'ai rêvé que j'étais un taureau dans un pré.
La rosée du matin mettait une étincelle
Sur chaque brin d'herbage, et la sombre hirondelle
Poursuivait sans répit les insectes dorés.

Mes vaches (trois ou quatre, et belles à mon gré)
Savaient pertinemment ce que je voulais d'elles.
J'étais heureux quand on m'en offrait de nouvelles,
Et je vivais ainsi, de chacune adoré.

Car nous autres taureaux, ne sommes point serviles
Et ne nous activons, comme les gens des villes,
À du travail utile, à des ouvrages lourds.

Cependant, de l'humain, la vie n'est pas infâme :
Je trouve, quant à moi, bien mignonnes ses femmes,
Elles qui, cependant, ne m'aiment pas toujours.

Écrit par : Cochonfucius | mardi, 28 mai 2013

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