Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 31 mars 2013

Querelle de basse-cour 100% chick-litt' (Charles Cros - 6ème jour)

littérature, livre, poésie, poème, charles cros, dans la clairière,révolte,aquarelle,croquisPour plus d'agilité, pour le loyal duel,
Les témoins ont jugé, qu'elles se battraient nues.
Les causes du combat resteront inconnues.
Les deux ont dit : Motif tout individuel.(*)

- Il est pour moi !
- Non, il est pour moi ! De toute façon c'est moi qu'il aime !


La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel ;
Le sang rougit ses seins blancs et ses lèvres charnues.
La brune a le corps d'ambre et des formes ténues ;
Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel.(*)

"- Nan mais tu t'es vu,on dirait Peggy venu chercher son Kermit ! Tout y est, du groin à refaire aux boucles en queue d'cochon ! Oh j't'ai vexée ? Fais gaffe hein, t'es rouge comme de la rosette, tu vas t'faire exploser les vaisseaux porcins ! Non mais regardez-la, elle est
Absurde et ridicule à force d'être rose,
A force d'être blanche, à force de cheveux
Blonds, ondés, crêpelés, à force d'avoir bleus
Les yeux, saphirs trop yains de leur métempsycose (**)

- J'vais t'en coller moi, de la psychose ! Approche un peu, au lieu d'causer, l'mannequin trois étoiles au guide miche l'un,ou miche l'autre, trois p'tits coups (de bistouri?) et puis c'est bon. Pour sûr, elle a un
Beau corps, mais mauvais caractère.
Elle ne veut jamais se taire,
Disant, d'ailleurs d'un ton charmant,
Des choses absurdes vraiment. (***)

- Moi, absurde ? J'suis pas v'nue avec des Truitton aux pieds, moi...
- Ah, non, t'as pas b'soin d'chaussures, tu touches pas l'sol avec tes montgolfières
- Au moins j'sentais pas la bouse en arrivant !
- Non, mais t'as dû mal régler ta pression mammosphérique, regarde la ligne à haute tension là-bas, j'crois que tes neurones y sont restés accrochés.."

Cette haie où l'on a jeté chemise et robe,
Ce corps qui tour à tour s'avance ou se dérobe,
Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts,
(*)

"- Parce que tu crois qu'c'est avec ta cervelle que tu vas gagner ? Faudra leur demander si c'est au poids alors...

- Bon elles ont pas bientôt fini d'caqueter, les poules, là ! C'est qu'y s'rait temps d'se voler dans les plumes maint'nant !"

Ces battements de fer, ces sifflantes caresses,
Tout paraît amuser ce jeune homme à l’œil doux
Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses. (*)


- Laure ! cria Iris, viens voir ! Brigitte et Naomi se battent pour le beau brun, et en plus elles sont à poil !
- Mmmh..
- Allez, dépêche-toi, tu vas rater un grand moment, elles s'arrachent les ch'veux là !"

Mais Laure, sous sa couette 100% plumes d'oie, assistait, elle aussi, à un drame :

Au bord du chemin, contre un églantier,
Suivant du regard le beau cavalier
Qui vient de partir, Elle se repose,
Fille de seize ans, rose, en robe rose,

Et l'Autre est debout, fringante. En ses yeux
Brillent les éclairs d'un rêve orgueilleux...
Diane mondaine à la fière allure,
Corps souple, front blanc, noire chevelure.

Tandis que sa blonde amie en rêvant
Écoute les sons qu'apporte le vent,
Bruits sourds de galop, sons lointains de trompe,

Diane se dit : "Rosette se trompe.
Quand Il est parti tout pâle d'émoi,
Son dernier regard n'était que pour moi."(****)

Laure glissa le marque-pages, posa le livre, et ferma les yeux.. Eh oui, Laure n'avait pas le côté voyeur d'Iris.. Laure, comme toutes les fleurs bleues, préférait les romans à l'eau de rose...

 

(* : Dans la clairière
** :
extrait de révolte
*** :
extrait de croquis
**** : Aquarelle )

Les commentaires sont fermés.