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vendredi, 05 avril 2013

La théorie des cordes expliquée à Cupidon ( Sully Prudhomme - 4ème jour)

littérature,livre,poésie,poème,sully prudhomme,les amours terrestresToutes les rencontrent durent. Une seconde, une nuit, une vie. Mais toutes ont une histoire à raconter, toutes nous disent ce qu'on ne prend pas vraiment le temps d'écouter.

Une seconde, une nuit, une vie.
Nous avons de plus en plus peur de nous tromper, de commettre une erreur, de vivre un amour sans y rester au moins une éternité. Mais la notion du temps est subjective, Cupidon se retrouve dépassé par la théorie des cordes, et ce que nous pensons avoir trouvé n'existe pas encore, bien souvent.

Alors :


- soyons certains de tout ce que nous ignorons
- oublions les écrits, ne pensons pas à ce qui reste, puis envolons-nous, sans parole
- cueillons l'instant, vibrons dans l'air qui nous manquera
- soyons de parfaits inconnus qui savent tout de l'Autre à venir, rien du présent : laissons-le partir

- tu es une promesse qu'Elle n'aura pas à tenir, je suis le secret qu'Il n'aura pas à garder
- tu Lui ressembles sûrement, je suis Sa caricature
- ne faisons pas durer le plaisir trop longtemps, notre avenir soupire, il n'attendra pas après nous
- tu es un de Ses indices, je suis une phrase de Son rébus : déchiffrons nous comme des illettrés, mais ne nous apprenons pas
- je ne suis que ta question, tu ne seras jamais ma réponse
- tu es une fenêtre sur Son paysage, je suis le rideau derrière lequel Il se trouve, ouvrons nous un court instant sans laisser le courant d'air nous emporter loin d'Eux
- égrenons le temps qui passe jusqu'à ce que Celui qui reste le remplace
- je ne suis qu'un homme dans ta vie, tu es la femme de ma nuit
- je ne suis qu'une étape sur Son trajet, tu n'es qu'une halte vers Sa destination, et partons voir l'Ailleurs, Nous y serons mieux.

Car
Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.
Née au siècle où je vis et passant où je passe,
Dans le double infini du temps et de l'espace
Tu ne me cherchais point, tu ne m'as point élu ;

Moi, pour te joindre ici le jour qu'il a fallu,
Dans le monde éternel je n'avais point ta trace,
J'ignorais ta naissance et le lieu de ta race :
Le sort a donc tout fait, nous n'avons rien voulu.

Les terrestres amours ne sont qu'une aventure :
Ton époux à venir et ma femme future
Soupirent vainement, et nous pleurons loin d'eux :

C'est lui que tu pressens en moi, qui lui ressemble,
Ce qui m'attire en toi, c'est elle, et tous les deux
Nous croyons nous aimer en les cherchant ensemble*

(* : Les Amours terrestres)

 

 

 

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