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samedi, 06 avril 2013

Comme un mantra, une incantation, un murmure à la place du coeur (Sully Prudhomme - 5ème jour)

littérature, livre, poésie, poème, sully prudhomme, soupirOde à H.-P. et A.

Comme une litanie, comme un chapelet qu'on égrène à l'intérieur,
Un mantra, une incantation, un murmure à la place du cœur
« Ne jamais la voir ni l'entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais d'un amour toujours plus tendre
Toujours l'aimer. »


Murmurer, implorer, maudire et murmurer encore
un credo à genoux, devant le marbre, ou la poubelle
vouer un culte privé, entre deux stèles, ou près d'un arbre,
tous les dimanches, ou toute la nuit
à l'abri des regards, de Marie-Bernadette :

Ouvrir les bras et, las d'attendre,
Sur le néant les refermer,
Mais encor, toujours les lui tendre,
Toujours l'aimer.
Ah ! Ne pouvoir que les lui tendre,
Et dans les pleurs se consumer,
Mais ces pleurs toujours les répandre,
Toujours l'aimer.

Les autres jours, ou tout le jour, faire "comme si",
entre deux allers à la déchetterie,
entre deux bouchées de caille farcie :
« - bien, merci, et toi ? », « - j'en reprendrai volontiers»

puis, à l'abri des regards, de Marie-Bernadette,
le dimanche d'après, la nuit suivante
entre deux stèles, ou près d'un arbre,
devant le marbre, ou la poubelle,
murmurer, implorer, maudire et murmurer encore :
« Ne jamais la voir ni l'entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais d'un amour toujours plus tendre
Toujours l'aimer. »(*)

Comme une litanie, comme un chapelet qu'on égrène à l'intérieur,
un mantra, une incantation, un murmure à la place du cœur

 

(* : Soupir)

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