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lundi, 14 octobre 2013

La fille de l'Homme au Piano

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Lily c'était un feu follet, une boîte d'allumettes toujours prêtes à craquer, des feux minuscules. Qui dansent. Des centaines de feux. Il y a des gens à l'intérieur. Chaque fois qu'[elle] craque une allumette, [elle] les entrevoit.
C'était Dorothy emportée par un cyclone, qui ravageait tout sur son passage [...]


[...] elle était le cyclone qui la ravageait de l'intérieur, autour duquel le monde tournoyait, pris au piège, tandis que Lily tentait de s'échapper, de s'échapper du cyclone, du monde qui l'entourait, d'elle-même.

Lily c'était une valise en osier remplie de trésors, de carnets, de photographies non datées, d'une Reine ambrée, de dessins de Lizzie en train de danser, d'un nécessaire d'évasion, de tablettes de chocolat ;

C'était aussi la responsable de trois colonies de fourmis : Thèbes, Amazonia, et Lily-land ; une poétesse disparue, une porte qu'elle n'osait ouvrir, ou qu'elle claquait.

Elle savait faire tant de choses. Un jour elle vola au-dessus des pianos. Avec Lizzie. Une paire d'anges, de passage dans l'atmosphère.

Lily avait un secret, était un secret qu'elle ignorait, un secret de famille, un secret génétique, un secret qui s'écoule dans les veines, une malédiction qui ronge, qui fait grincer les dents, le plafond du grenier, de peur, de honte, de douleur.

Lily vivait dans un autre monde, possédait plusieurs mondes, celui des enfants-poupées, le monde de sous le lit, le monde des silences dont personne ne possédait la clé.

Elle avait pourtant trouvé le chemin de la vie dans la nuit, le chemin qui menait de la nuit à la vie. Et puis elle est née, accueillie par des chants, des parfums, couverte d'une couronne de fleurs. A l'écart. Seule. Déjà.

Lily ne savait pas grand chose du monde tel que la plupart d'entre nous le perçoit. Lily savait tout du monde que la plupart d'entre nous ignore. Un jour Lily chuchota à l'oreille de son fils : Rien ne change jamais, même si tout se transforme. Ne dis rien. Écoute, Charlie. Le monde entier chante. Cette chanson, ces chansons, sont semblables à celles dont je t'ai parlé au sujet des fourmis. C'est moi, c'est nous. Toutes ces chansons se transmettent d'une créature à l'autre – des chansons nées de 10 000 années à nicher ensemble, à ne former qu'un – nous.

Lily est comme un de ces objets exposés dans les vitrines des musées. Figés au cœur d'un éternel présent, un présent qui contient cependant l'éternité de toutes choses.

Lily aura passé la plus grande partie de sa vie à la fuir.
Mais..:

 

« le soleil au-dessus de la colline a oublié de mourir
Les lys ont refleuri, et la libellule
Est revenue rêver sur la rivière. 
»

Et puis il y a tout le reste.

 

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