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jeudi, 20 mars 2014

Philippe et les autres

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« nous sommes nés pour devenir des dieux, et en même temps pour mourir ; contradiction folle. Notre seconde destination n'est terrible que pour nous-mêmes, en ce qu'elle nous interdit d'atteindre jamais la première. Mais la première est insupportable aux autres. Un dieu est une chose insupportable, parce qu'il est parfait. »


C'est un voyage semé d'hommes et de femmes – passeurs, guides – qui balisent le parcours de Philippe, semblent le connaître, depuis l'éternité, comme s'il faisait partie de chacun, s'il était chacun, à un moment, un lieu donnés.
Insaisissables, sauvages, toujours prêts à bondir à la moindre approche traçant des cercles dans le sable, s'évanouissant dans l'écume des jours pluvieux, de Calais ou d'ailleurs, qui collectionnent « tant de vies, qu'elles en viennent , pourrait-on dire, à peser sur vos épaules et à vous oppresser » ;curieux, étranges, un peu fous, quasi-mystiques, aussi, « elle s'était approprié, qu'elle avait absorbé la vie autonome, la vie consciente, en quelque sorte, des arbres et des choses, cette vie à laquelle elle croyait tant ».

Un voyage semé de poème et d'histoires. D'une seule, en fait « et parfois l'on se retrouve ici, de temps à autre, et l'on raconte son histoire, toujours la même histoire, à quelqu'un qui est là pour l'écouter derrière un rideau ». De villes en villages, de routes en chemins. Les pieds dans un cercle, elle se transmet, se répète, se termine, hors du cercle c'est l'inverse. Sans but précis, sans raison donnée.

C'est une route semée d'ellipses et d'analepses, de prières en latin glissées dans des étuis à cigarette rouillés adressées au dieux grecs (et enterrées au pied de l'Arbre si le vœu était exaucé), qu'on parcourt à pied, en train, le jour, la nuit, en bus : « un autobus dans la nuit est comme une île où l'on habite presque seul ».

C'est une histoire, « une histoire que j'ai déjà racontée une fois à un ami, mais attention, à la troisième personne, et de la sorte, l'aventure concernait un autre que moi, ce qui valait mieux, car j'aurais voulu que tout cela ne me fût pas arrivé. »

 
Note : Aussi lente dans l'action, rapide dans les silences que l'écriture. "Philosophiconirique", en quelque sorte.

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