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mardi, 22 avril 2014

L'invraisemblable histoire de Georges Pessant

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Régale-toi, lecteur ! C'est encore mieux que les histoire du Nouveau Détective(*), de Faits divers(*), La Crim'(*) et Histoires vraies(*) ! Plus croustillant ! Plus atroce ! Alors non, y a pas de photos. Mais y a mieux que ça.. : les « Confessions du tueur à la Simca 1000 » ! Ses confessions ! Du jamais lu ! :


C'est l'autopsie d'une tête coupée, qui roule et amasse la mousse, dans laquelle germe et pousse des tas d'histoires, qui tombe dans la vase des marécages médiatiques, qui s'enlise dans les accusations jetées comme des hameçons à la pêche aux scoops, aux titres à sensation.

La psychanalyse d'une vie sans histoires, d'une histoire en pointillés reliée, (re)tracée par l'écrivain - et le lecteur. D'une vie en noir et blanc, qu'on colorie en dépassant les bornes, si transparente qu'il faut la rendre opaque, d'une machine judiciaire réglée comme une horloge hésitant entre deux fuseaux horribles,

C'est la condamnation d'un monstre fabriqué sans pièces à conviction, qu'on a enfermé derrière ses mots ; un fait divers exhumé d'une boîte de Pandore, une légende contemporaine de derrière les (barreaux) fagots embrasés par une presse pyromane.

C'est la vie/l'avis d'un graphomane traçant un récit imaginé par d'autres, qui se conduit lui-même à l'échafaud, qui a tenté d'écrire ses cris et s'est grillé les ailes - auprès d'elle(s), aussi. Criminel en (trois) actes ou en pensées, c'est trop tard pour se « démonstrer » c'est lui il était trop discret être honnête, pour faire entendre sa vérité.
- Mais si, c'est toi qui a fait ça, tu ne te souviens pas ? Attends, on va te raconter, comment ça s'est passé, espèce de monstre...

Et l'on aime ça, hein, se repaître de l'horreur, de l’immonde, mais chez les autres, surtout, on aime à lire ce qu'on n'aura pas à dire, entendre ce qu'on refuse de s'avouer. Pessant stigmatisé sauve le monde, cristallise la culpabilité jusqu'alors collective. Alors le moindre doute devient évidence, l'absence d'aveux preuves irréfutables.
- C'est lui, assurément, oui, regardez, je l'ai toujours dit qu'il était bizarre, ça ne m'étonne pas, à son âge, seul, chez sa mère, c'est forcément un pervers...

« Évoquer un fait divers comme celui-là dans un roman permet d'ancrer la fiction dans la réalité de son époque. »
C'est le moins qu'on puisse dire.
Et faire un roman d'un fait divers permet-il d'ancrer la réalité dans la fiction ?
L'auteur nous aura prévenu.
Tout est dans le titre. Sauf le début.
Il faudra tout reprendre, jusqu'à la fin.
Il faut un coupable, de toute façon. Il y a toujours un coupable.

Note : "comme il faut", avec "l'ambition d'être juste"

P.S. : j'aurais pu te dire qu'il y a aussi une réflexion sur l'écriture, le pouvoir des mots, sur la littérature. Oui, j'aurais pu. Mais, « pauvre et hypothétique lecteur », tu aurais trouvé ça prétentieux, et chiant. Tu n'aurais pas lu. Rien - ni moi, n'aurait donc existé. Puisque « la littérature, comme l'amour , se fait à deux »
Alors : merci.

(*) : Journaux dédiés aux faits divers d’actualité, aux enquêtes criminelles..

 

Commentaires

Excellent :o)

Écrit par : Marie-Laure Tena | jeudi, 24 avril 2014

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