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lundi, 05 mai 2014

Une éclaircie est annoncée

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"- Donne-moi une nouvelle, une seule, qui vaille la peine.
 - Après dissipation des brumes matinales, une éclaircie est annoncée."


Vécue par Étienne, l'histoire ressemble à un résumé. Lorsque Mylène est racontée, l'histoire s'installe, se déplie. Dévoile ses moindres recoins, les zones d'ombre sont brièvement éclairées, les zones claires soigneusement assombries.

Mylène est seule, depuis 18 ans, depuis Barcelone. Depuis trop longtemps. Avec son fils, Damien, symbole d'un amour fugace mais pour elle foudroyant. Mylène ouvre les yeux en pleine nuit, tentant d'échapper aux images, aux souvenirs qui se mélangent, et composent d'affreux tableaux. Suffoque sous le flot d'images. Hurle à la mort tandis que son fils hurle en silence à la vie. Pour échapper à l'obscurité, aux 35m², il part,tente de faire la lumière avec/sur ce père qu'il ne connaît que de nom, et de voix.

Depuis Paco, et même avant, Mylène se regarde vivre au travers d'un miroir sans tain, regarde sa vie comme elle contemple la reproduction d'un tableau.

Chaque jour la même litanie l'envahit : « suicide, sœur, blanquette, cimetière marin, Damien, hiver, échecs, fleurs », chaque nuit les mêmes cris. Toujours les mêmes images, ressassées à l'infini, qui, fragmentées, perdent « tout pouvoir d'évoquer un réel cohérent. », et s'emmêlent en une étrange éternité.

Aux portes de la folie elle se sauve dans une fenêtre ; happée par un tourbillon de pensées elle s'accroche à une image, un reflet. Étienne.

« Tant pis si c'est faux, lui dit Mylène, puisque c'est beau. »
Mais ce qui la rend belle le rend fou ; ce qui la rend vivante, le vide de sa substance. Lorsqu'il la regarde« elle oublie tout, son passé, son fils, son avenir, uniquement tendue vers cet instant où il se tourne vers elle, désemparé. » Et lui se retrouve au bord du gouffre, prêt à plonger dans les eaux sombres du Styx.

Dans l'obscurité les détails apparaissent, et, par contraste, éblouissent.
Exposés, dans la lumière, ils se ternissent.

Chacun à sa façon attend de l'autre qu'il soit une éclaircie dans sa vie. Mais il suffit d'une infime variation de lumière pour altérer la perfection du tableau.

Note : obscurément éblouissante

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