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lundi, 12 mai 2014

Toutes les familles ont un secret

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"Un secret, c'est une petite portion de silence, toujours pour le bien, toujours parce que c'est mieux comme ça. Et cette portion fait des petits. D'autres petits bouts de rien qui s'agrègent aux premiers. Et chaque génération transmet la boîte à petits rien, la boîte à silence. Muets comme des tombes, discrets, pas curieux pour deux sous, les passeurs de boîte noire avancent, sans jamais jeter un œil, tendre une oreille, secouer pour voir. Rien. Fidèles à la mission qu'on leur a assignée sans jamais leur préciser les termes exacts du contrat, les passeurs avancent jusqu'au prochain relais, le prochain descendant. Chut, c'est rien, c'est la famille."

 

 


Marvin a les dents du bonheur mais n'a jamais gagné Roland-Garros, s'appelle comme le chanteur de Sexual Healing mais n'a jamais bénéficié de son sex-appeal. Il vit juste avec sa mère depuis trente-huit ans, travaille aux Pompes Funèbres, a une collègue aux cervicales tassées depuis que sa grand-mère lui a avoué (« tu vas rire ») être sa mère.

Marvin, pour ceux qui le connaissent, pour ceux qui ne le connaissent pas, est quelqu'un de calme, posé. Philosophe, diront certains. Pas particulièrement fragile, physiquement. Il n'aime pas le changement, et surtout pas celui de l'Avant, qui entraîne forcément un autre Après, qu'on n'a pas demandé.

Marvin Otans, (comme son père), patronyme mort-vivant, entreprend, suite à un changement d'adresse mail, un périple assez loufoque, et douloureux à la fois, au cours duquel il aura affaire à un étrange adepte de la marquise de Dampierre, à une toxico amatrice de sudokus, à un mec chiant à une seule rive et passionné de voitures. Tels des « Petit Poucet » ils vont semer « des cailloux en forme de chiffres pour revenir à la maison et retrouver le père, l'Ogre. »

Et, tôt ou tard, l'Histoire finit par jouer de sa majuscule et bouscule les histoires qu'on écrit en minuscule. Alors seulement le secret, jusqu'alors caché derrière ces minuscules - un secret comme un père « dont on ne parle pas, un terrain miné sur lequel nous ne marchons jamais, même pas sur la pointe des pieds, même pas pour dire un métier, une voix, un souvenir, même pas pour dire un défaut, une colère . » - se dévoilera.

Marvin ouvre enfin les dernières cases de son calendrier de l'Avant, et déroule le fil de son histoire. Une histoire de tour fendue en son milieu qui tombe pour que les lendemains chantent, une histoire verticale (parmi d'autres) qui trouve sa place dans l'Histoire horizontale. Une histoire de famille. Une histoire vraie, en somme. Car elle a (au moins) un secret.


Note :
- comme "un secret, [qui] en cache toujours un autre. Une famille c'est petit et c'est vaste, c'est une maison et c'est un contient, un monde."
- moins légère qu'il n'y paraît.

 

 

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