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jeudi, 30 octobre 2014

Une peine capitale

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"Il vous ramenait à cette inconsistance avec laquelle toute existence véritable ne peut s'accorder très longtemps. Comme si vous n'étiez qu'un fantôme qui remue ses chaînes en pure perte."

C'est un huis clos à trois puis à deux, oui clos par le père, figure paternelle tournée vers le non, l'ordonnancement, en marche vers la machine qui dévisage les corps condamnés.


Un huis clos plein d'une présence qui ronge plus que l'absence, d'un regard sombre comme une ombre, aussi tranchant que la lame de la guillotine, qui impose le silence sans jamais dispenser la moindre tendresse.

Pour survivre, l'enfant, entre deux exécutions, traverse les jours en apnée, hurle sans un bruit devant le miroir, à s'en décrocher la mâchoire. Attend une tragédie pour rejoindre la surface, crache la boule de cendres coincée au fond de sa gorge et remplit ses poumons d'un peu d'ivresse, d'humanité. Il secoue la couverture lugubre et dénoue ses cauchemars, parle, vit, un peu. Se souvient de sa défunte mère. Vite. Avant qu'Il ne revienne.

Il quittera la maison comme on sort de prison. Retrouvera, figure humaine dans le bruit et la poussière de plomb. Éprouvera un sentiment de liberté. Une liberté à jamais conditionnée par Son regard.


Note : étouffante comme une armée de zombies coincée dans la gorge, assourdissante comme le couperet qui ne tombe jamais.

 

 

 

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