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lundi, 09 mars 2015

La vie de jardin

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"Elle se dit que les industriels perçoivent nos désirs avant que nous ne désirions. Leurs spécialistes explorent les régions sauvages de nos âmes et attrapent nos rêves pour lire dedans, en prennent de petits morceaux et les transforment en objets tellement adaptés à notre imagerie que nous finissons par y voir ce qui manque à notre bonheur. C'est peut-être ça, le capitalisme : plus que la dictature de l'argent, la dictature de l'inconscient collectif et des rêves communs."

 


 

C'est une comédie suburbaine des années 80, au creux d'une banlieue chic (mais pas m'as-tu-vu) peuplée d'hommes haut-placés et de femmes qui attendent chaque jour leur retour en remuant l'ennui collé au fond de leur tasse de thé.

C'est une réalité qu'on croit avoir rêvée, ne devoir qu'à soi-même sans jamais avoir été influencé ; un rêve qu'on pense avoir réalisé, unique en son genre, le fruit d'un esprit élevé. Un idéal après lequel on court, auquel on obéit, transmis de père en fils.

Ce sont des parents qui pensent bien faire, qui élèvent leur descendance « à l'écart, mais pas trop, des trépidations du cœur appelé Paris, près des flux d'argent, loin du bruit des pompes, dans une banlieue avec de grands parcs et du vert partout », et plantent leurs drapeaux dans le cerveau encore mou de leur progéniture si précieuse, forcément prometteuse.

Benoît, Luc, Flavien, Volovski et les autres tentent doucement d'échapper à l'idéal , aux sermons et autres lois divines du pensionnat (scandaleuses à l'occasion) en se vautrant dans l'imaginaire fertile d'Aymeric, fils spirituel temporaire (ou intemporel) d'H.P. Lovecraft et Marc Dorcel ; en simulant des noyades dans une poubelle, mimant une circoncision avec un taille-crayon, et pire encore.
Un beau matin ces jardins luxuriants, fleuris d'illusions fanent et laissent place à une jungle hostile qui griffe la peau hâlée d'une jeunesse qu'on voulait dorée, découvrent une adolescence passée à vouloir arracher ces drapeaux à coups de bangs, d'ecsta, de poudre (aux yeux) blanche - autant de doigts d'honneur manucurés d'une jeunesse gâtée par les carrières paternelles et l'ennui maternel, dansant sur des charniers d'ancêtres cannibales d'une commune grignotée par l'extrême-droite.
Pendant ce temps, tout au fond du jardin, à l'abri des regards, des hommes enterrent leur âme d'enfant définitivement perdue et célèbrent l'avènement d'une vie plus simple, libre de tout scrupule.

Ce n'est « ni un roman ni un dossier mais un brouillon à équidistance des deux comme il l'avait envisagé. Un ensemble inachevé, chaotique, indéchiffrable »

Ce sont des enfants qui reviennent vivre les rêves de leurs parents.

 

 

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