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mardi, 20 octobre 2015

Solal Aronowicz : Holocauste

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« Ce n’est, peut-être », en effet, « qu’une obscure parabole qui pourrait nous en dévoiler plus sur ce qui se trame vraiment, derrière cet immense paravent noir laqué […] »


mais « on en a un peu marre, même bien calfeutré dans la gangue étroite » d’un canapé moelleux, dans l’idéal, au coin du feu, cherchant désespérément à relier les propositions entre elles, séparées par tant de virgules, d’une cheminée sans feu.

Je n’ai rien contre la difficulté, cela dit. Un petit parcours de sauts d’obstacles de temps en temps, ça entretient. Mais il ne faut pas que ça empêche le galop, entre deux temps en temps. J’ai besoin de sentir le vent des mots sur la peau de mes yeux, ce que, malheureusement ou non, au moins une femme ne peut plus faire, « suspendue comme un lustre à la voûte de l’amphithéâtre par des chaînes passées dans ses orbites préalablement évidées avec une fourchette à gâteau ». Je vous rassure, ces techniques de « chirurgie » du 16ème furent exécutées avec la plus grande des galanteries, et la dame fut d’abord découpée, taillée, ouverte, éclose et épanouie avec tendresse comme les pétales d’une immense fleur sanglante, un lotus rose-rouge par exemple. « Ces Messieurs !!! » ont du savoir-mourir, tout de même..
De fait je n’ai rien non plus contre un peu de monstrueux. Encore faut-il pouvoir le distinguer dans toutes ces volutes de brouillards cigarillés aux parfums d’herbe coupée, de caramel et de terre boisée, dans tous ces alcools distillés au dixième de degré près, poser le pied sans saccager la scène des crimes parmi toutes ces paires de derbys dernier prix assortis à tous ces costumes des plus grands couturiers-bouchers, et ne pas laisser traîner trop longtemps le regard sur Elisa, femme entre toutes les femmes, parfaite de corps et scène d’esprit.
N’allez pas croire que j’ai quelque chose à redire quant à un peu de snobisme. Si encore il n’était balafré de partout jusqu’à la moelle, le cul entre deux chaises, tant philosophiquement que grammaticalement parlant ; si le chat dont il a la grâce et la nonchalance avait encore ses neuf queues, s’il coupait droit les têtes de ses ennemis (1100, apparemment) et n’avait pas des émotions lâchées depuis l’éternité sur des montagnes russes, même Sisyphe a pitié de lui.. S’il n’y avait pas tout ça, sans parler d’un assemblage de toutes pièces, entre nous puantes et pourrissantes, inventé par une amoureuse transie, si encore il n’y avait pas tout ce que je ne dirai pas au risque de tout dire, même si tout est joué d’avance..
S’il n’y avait pas tous ces si, j’aurais peut-être pu finir ce troisième tome, même sans avoir lu les deux premiers. Mais il faut croire que non..
Navrée, Solal, fil de l’Ariane d’Aragon, qui s’est longtemps levé de bonne heure, bouleversé au plus profond de son être lorsqu’il voit choir une pile de livres, capable d’entendre le cri strident des pages qui se déchirent imperceptiblement, elfe et djinn à la fois. Le climat est propice, à lire votre Holocauste (peut-il ne pas l’être ?), une histoire simple, vieille comme la connerie « capitalistée » des hommes, un style bien trempé dans un humour d’acier. Mais l’alambic des tournures pleines de détour  est un peu trop complexe pour traverser  le verre (pas fumé) de mes lunettes, passablement rayé, sans l’embuer.
Faudra-t-il, sans doute, que je reprenne l’histoire du début…

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