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samedi, 24 mai 2008

Les mots bleus

780415315.jpgIl y a quelques mois, j'ai vu Les mots bleus, d'Alain Corneau, avec Sylvie Testud et Sergi Lopez.

Et puis, hier, en rangeant quelques romans, j'aperçois une couverture rouge, mes doigts s'attardent, agrippent le livre et le sortent de son carcan. Leur histoire, de Dominique Mainard.
Intriguée, je retourne le livre et lis la quatrième de couverture :

1346049222.gif"Anna a six ans. Elle n'a jamais parlé. Une crainte étrange court tel un fil dans sa famille depuis trois générations, la crainte que les mots ne soient «des traîtres, des voleurs», une menace insidieuse capable de vous ôter la vie et l'amour des êtres qui vous sont chers.

Nadèjda, sa mère - la narratrice -, a refusé d'apprendre à lire et à écrire. À l'âge d'Anna, elle a assisté impuissante à la mort de sa grand-mère, provoquée, s'est-elle imaginé, par l'un des mots du conte que la vieille femme lui lisait alors...

Lorsque, en désespoir de cause, elle inscrit Anna dans une école pour malentendants, elles croisent le chemin de Merlin, un enseignant qui emploiera toutes ses forces à «donner la parole» à l'enfant. Entre la frayeur que Nadèjda éprouve et l'amour qui naît bientôt entre elle et Merlin, des bulles de savon, un sifflet, des masques seront autant de pierres formant un gué périlleux qui permettra à Anna d'atteindre l'autre rive. "

Et là, je me dis, je connais cette histoire, oui, je l'ai vue, et le titre c'était.... raaaah..... Les mots bleus ! Merci Christophe...
Alors là, je me suis dit, c'est l'occasion ou jamais de voir comment l'auteur s'est inspiré des mots pour en faire des images, des images d'une petite fille qui n'en dit aucun, de mot, justement :

"Anna, mon enfant fleur, mon enfant muette. Depuis toujours me semble-t-il, depuis avant même sa naissance, j'observe sa bouche silencieuse, ses gencives pâles et nues qu'ont peu à peu percées les dents de lait - les minuscules tourelles blanches de ses dents de lait, défendant sa bouche, des armes dérisoires, mais elle est restée muette. Avant qu'elle n'apprenne à manger seule, à chaque cuillerée glissée entre ses lèvres j'essayais de glisser mon regard jusqu'à sa gorge, espérant quoi ? Apercevoir ses cordes vocales alignées telles des cordes de chair, prêtes à vibrer, espérant toujours qu'il s'en échappe un mot; même si cela avait été un mot vide, une simple bulle, d'air, de souffle, d'haleine, je l'aurais reconnu, je crois, et j'en aurais été si heureuse. Mais un an, deux ans, trois ans ont passé, et il n'y a eu ni marna, ni doudou, ni zozio, même à l'oisellerie où je l'emmenais quand je n'avais trouvé personne pour la garder et où elle passait des heures en contemplation devant les cages des bengalis et des perruches. Quand elle avait sommeil, elle se glissait le pouce enfoui dans la bouche à l'intérieur de l'immense volière vide exposée en vitrine, par une toute petite porte en fer forgé, la luxueuse volière destinée à accueillir des aras ou des familles entières de merles de Nubie et dont j'avais tapissé le sol de coussins; les passants s'arrêtaient pour contempler derrière la vitre cette enfant endormie dans une cage malgré la cacophonie des chants, lentement recouverte des plumes que perdaient les oiseaux en battant des ailes."

Lisez, regardez, l'un et/ou l'autre, dans l'odre que vous voulez.. C'est un pur bonheur, une écriture virevoltante, une histoire envoûtante, une interprétation bouleversante.

mercredi, 23 avril 2008

Ah oui...

J'oubliais : j'ai tout ça encore à lire, urgemment :

111795870.jpg56699831.jpg1938605472.jpg1779732549.jpg1767606289.jpget tellement d'autres....

Et mon coeur transparent

Bon. c'est ridicule.. L'application amazon ne marche pas, veullez réessayer plus tard... J'ai déjà fait 4 plus tard.. J'en ai marre.

Sachez juste que je suis en train de lire ceci :

826268619.jpgEt franchement, mais franchement, c'est bien.. Du moins pour l'instant.
J'vous tiens au courant.

mercredi, 26 mars 2008

M'asseoir sur un banc 5 minutes avec toi...

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"Tell Me A Story", Stainless Steel
Aurora,Co, The Intersection of Art & Function Program, 2008
capté
Comment ne pas résister à l'envie de s'asseoir, laisser voleter l'esprit ou les pages d'un bon livre...?

Le royaume des morts

 Ce qu'on découvre en s'amusant ! (non non ceci n'est pas un message publicitaire)

Certains ont une curieuse définition d'une bibliothèque :

"Une bibliothèque est aussi vaste qu'un royaume, avec son labyrinthe et ses forêts, ses monuments et ses lois, sa salle des trésors où le temps s'accumule. Mais c'est un royaume des morts, où des âmes errantes continuent de nous hanter comme si elles étaient encore à la recherche d'une sépulture."

in Bois dormant,  de Gérard Macé

lundi, 24 mars 2008

Mais quand même ("Ce n'est pas que..." suite)

Voilà les deux livres sur lesquels je bute :

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Intéressant non ?

jeudi, 20 mars 2008

Suivez le fly

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Un p'tit vertige ?

 
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La poésie vois-les-dévoilée
encore plus ici

lundi, 03 mars 2008

Le grand jour du poème à l'autre

Opération nationale : « Le grand jour du poème à l'autre »
vendredi 7 mars
 


Chez vous, au travail, à l'école,
dans la rue…
offrez un poème,
échangez vos poèmes,
postez un poème,
glissez un poème sous la porte,
ceci ou cela mais
donnez un poème à l'autre !

Avec tous les partenaires du Printemps des Poètes :
> Dans les guichets de la Poste et les boîtes aux lettres
Trois millions de cartes postales seront diffusées par les postiers

> Dans les gares SNCF

Large diffusion de poèmes dans les grandes gares et aux abords

> Dans les parkings Vinci Park
250 parkings en France, au Luxembourg et en Suisse seront habillés de poèmes

> Dans les hôpitaux
Les clowns du Rire Médecin chanteront, diront, chuchoteront la poésie à l'hôpital, dans des petites alcôves préparées pour le Printemps des Poètes. Sous un parapluie habillé de tulles, les clowns joueront aussi avec les sons, les paroles des poètes, les écrits que les enfants pourront leur offrir pendant ces deux semaines. Parce qu'il est plus facile de soigner un enfant heureux, les 56 clowns de l'association apportent humour, rêve et poésie dans 12 hôpitaux et 28 services de pédiatrie.

> Dans les CCAS
Les Caisses Centrales d'Activités Sociales organisent pour le personnel des industries électriques et gazières Le Printemps des Poètes grâce à la diffusion du matériel de communication (affiches, cartes poèmes,…) sur tout le territoire français.

> Dans les Fnac
Diffusion sonore de poèmes à l'ouverture et à la fermeture des magasins, mise en valeur de livres de poésie et organisation de rencontres-lectures dans les espaces Forum.

> Dans les journaux Direct Soir et l'Humanité
Diffusion de poèmes dans les pages de l'Humanité, actions spécifiques de Direct Soir qui impliquera ses colporteurs dans l'opération.

> Sur les ondes de France Culture, RFI, RFO

Les poètes, artistes et les présentateurs liront des poèmes sur les antennes

> Et aussi dans les écoles, les entreprises et pourquoi pas en famille !

 

Allez donc voir

A propos du spatialisme

"Le spatialisme, cette démarche poétique qui consiste à considérer la place du mot et des caractères d´imprimerie dans l´espace de la page, c’est Pierre Garnier et son épouse Ilse, qui en sont à l’origine. « Isoler la langue, la modifier, la bouleverser, créer des structures neuves… provoquant l’apparition d’états jusqu’alors inconnus et plaçant l’homme dans un milieu permanent de création et de liberté » dixit le poète. Ce mouvement deviendra très vite international et Pierre Garnier écrira et publiera de nombreux ouvrages dans différents pays."

attrapé ici

_________________________________________________________________________

Pierre Garnier et sa femme Ilse, ont été les pionniers d’une poésie expérimentale qui rejoignait un mouvement international de poésie dite concrète, à laquelle Pierre donna le nom de spatialisme : la phrase se brise, son organisation traditionnelle éclate ; ne reste que les mots-clés : les mots moteur, les mots miroir.

Ils s’organisent en rythmes, en mouvements parlant aux yeux autant qu’à l’esprit. Bientôt les mots mêmes éclatent, libérant les lettres qui constellent la page et y recréent l’espace.

 

A cet éclatement de la phrase en mots, puis du mot en lettres, vont s’ajouter des signes - points, traits, flèches - et des figures géométriques simples - cercles, carrés, croix -  qui deviennent représentation mentale de l’espace et du temps, de la nature, de l’amour, de la mort.

 

Qu’on ne s’y trompe pas : la lecture de cette poésie n’est simple qu’en apparence. Elle demande de se vider l’esprit pour n’être qu’un récepteur de signes. De chasser le mode de lecture habituel pour adopter l’attitude mentale qu’on peut avoir en face d’une peinture abstraite.

attrapé

samedi, 01 mars 2008

Suicide

Une belle petite découverte, au réveil, hier matin, avec le soleil qui éclaboussait le parquet du salon, mordait mes doigts de pieds. Une tasse fumante posée sur le bureau attendait désespérément que je m'occupe d'elle. Je l'oubliai, le temps, mais surtout, l'espace de ma lecture. Ces phrases sur l'écran m'emplissaient toute entière, se déposaient au fond de mes entrailles. Je ne sais dire pourquoi, je n'étais plus nulle part, ou alors, si, j'étais avec le narrateur, je voyais ce qu'il me montrait. Même s'il ne s'adressait pas à moi, mais à celui qui n'est plus :

"Un samedi au mois d’août, tu sors de chez toi en tenue de tennis accompagné de ta femme. Au milieu du jardin, tu lui fais remarquer que tu as oublié ta raquette à la maison. Tu retournes la chercher, mais au lieu de te diriger vers le placard de l’entrée où tu la ranges d’habitude, tu descends à la cave. Ta femme ne s’en aperçoit pas, elle est restée dehors, il fait beau, elle profite du soleil. Quelques instants plus tard, elle entend la décharge d’une arme à feu. Elle accourt à l’intérieur de la maison, elle crie ton nom, remarque que la porte de l’escalier qui conduit vers la cave est ouverte, y descend et t’y trouve. Tu t’es tiré une balle dans la tête avec le fusil que tu avais soigneusement préparé. Tu as laissé sur la table une bande dessinée ouverte sur une double page. Dans l’émotion, ta femme s’appuie sur la table, le livre bascule en se refermant sur lui-même avant qu’elle ne comprenne que c’était ton dernier message."

[...] <=== la suite des trois premières pages (L'Express livres)

L'auteur, c'est Edouard Levé. Il s'est suicidé le 15 octobre 2007, une semaine après avoir su qu'il serait publié.

 

Après, un moment après, j'ai senti le soleil sur moi.

11:45 Publié dans à lire/à voir | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, roman | | | |  Facebook

jeudi, 28 février 2008

Putain d'vie

Aujourd'hui je suis allée au théâtre, voir une des représentations de "Putain d'vie", dont je vous ferai un p'tit conte rendu dans les jours à venir, le temps de digérer et compléter mes notes.

354820470.jpgJ'voudrais juste vous faire partager une découverte, celle des poèmes de Jehan-Rictus, le poète, que je vous conseille de découvrir ici et , dans son élément, parmi ses compagnons de mots, de chansons. La découverte d'une époque, d'un mouvement. Les Poètes du Chat Noir.

La mise en scène, donc, s'appuie sur les textes de Jehan-Rictus, Les Soliloques du Pauvre et Le coeur populaire.

Les pauvres, aussi, ont accès au crime passionnel :
(extrait)

Pauvre Julien
(Roman)
— « Voilà comment qu’ c’est arrivé :
c’est la vraie vérité sincère ;
croyez-moi Mossieu l’ Commissaire,
mais... esscusez, y m’ont crevé,
laissez-moi m’ moucher, j’ suis plein d’ sang,
r’gardez-moi c’ qu’y m’ont arrangé !
Faut dir’ qu’ ça couvait d’pis longtemps,
de d’pis l’ temps qu’on vivait ensemble,
de fait, quasi marital’ment ;
(chez nous on s’ marie qu’à la colle ;
mais quand qu’on s’aim’, ça tient tout comme.)

 

Enfin a m’ courait d’pis longtemps...
Pourtant, pouvez vous renseigner,
tout l’ mond’ vous l’ dira dans l’ quartier,
j’ suis d’un naturel endurant.

 

Moi, vous savez, j’ suis qu’un boulot,
j’ connais qu’ mon travail dès l’ matin
et si des fois j’ me soûl’ la gueule,
c’est censément qu’ dans mon méquier
on fait qu’avaler d’ la poussière
(vous comprenez j’ suis mat’lassier,
mais à part ça l’ cœur su’ la main)

 

et pis.... a m’ faisait du chagrin.

 

L’ matin, a restait au plumard
pendant qu’ moi j’ partais au turbin
(chez mon patron l’ marchand d’ lit’ries),
et quand qu’à onze heur’s ej’ rentrais,
le déjeuner n’était pas prêt !

 

C’était moi qu’ allais aux provises
et c’était moi qu’ étais d’ cuisine ;
alle ’tait feugnante et dormeuse,
vous parlez d’un coup d’ traversin !

 

Eh ! ben malgré ça, j’ l’aimais bien.

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mercredi, 28 novembre 2007

Monsieur André, Madame Annick

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C’est la fête, le carnaval bat son plein, les géants sont attendus avec impatience par la foule. Seulement voilà, sous les festivités, à l’intérieur des appareils de portage, telle un squale dans un carnaval, la jeunesse aux dents de requin veut bouffer les anciens en dent de scie. Tandis que le vieux dégringole l'échelle de fatigue, la relève grimpe avec ardeur. Les âges, les générations se confrontent, se heurtent, l'un ne peut plus, l'autre ne sait pas encore, les deux hésitent, désespèrent, pendant ce temps-là le carnaval n'avance pas, la vie s'arrête et la société fait du sur place.

Les porteurs en ont plein les bras, les travailleurs plein le dos et les hauts placés plus rien dans le coeur. chacun sa croix, chacun ses bras.. Pas d'bras, pas d'emploi, à bout de souffle. "Porté mon avenir à bouts de bras", la vie ne tient plus qu'à un fil, la fille (oui, il y a une fille) ne tient qu'à la fête, tient tête au précaire et motive la troupe. Sauver les apparences, les dames d’abord, les états d’âme chez soi.
Perdre le fil, perdre l'esprit, perdre espoir. Coule le sang, la moelle, s’envole l'essentiel : le rêve.

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mercredi, 21 novembre 2007

Cadeaux de Noël 1.

Chers amis Lecteurs vous aurez remarqué que vous avez échappé à Haloween sur ce blog, mais pour vous aider à trouver des idées cadeaux moi l'Agent Ben ici en bas (vous aurez reconnu Absolu) je vous propose une petite sélection toute personnel qui me donne déjà envie e9df86585f157087cdd3b024961429d0.jpg d'être le 25 décembre! Alors Joyeux NOEL 2007 et n'oubliez pas d'envoyer votre lettre au père Noël...

 

 

 

Idée cadeau numéro 1 : Le prix Goncourt: Plutôt pour maman cette année car ce prix Goncourt 2007 Alabama Song rend hommage à une femme Zelda Sayre qui contribua pour beaucoup à la réussite de son mari, ce roman est aussi un grand roman d'amour, il est véritablement "prenant" du début à la fin.

Extrait: "Les garçons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du juge. La future fiancée du futur grand écrivain.

Du jour où je l'ai vu, je n'ai plus cessé d'attendre.

Et d'endurer, pour lui, avec lui, contre lui. 

ALABAMA SONG de Gilles Leroy édit Mercure de France.

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jeudi, 08 novembre 2007

Le Chant de l'Ange noir

Il y a quelques jours, j'ai reçu un mail (rassurez-vous j'en ai reçu depuis). Dans ce mail, une dame me parle du livre que son mari vient d'écrire. Je note l'adresse du blog sur lequel on peut trouver des extraits du fameux livre en question :

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Et puis je vois qu'on peut l'acheter sur les plus grands sites de vente de produits dits culturels (la FN**, etc...)
Et je lis les critiques faites par certains journaux.
Enfin, je lis les extraits...

Un livre qui s'adresse aux passionnés d'onirisme, de rêves et d'obscur, avec le suspense comme douce torture.

mardi, 18 septembre 2007

La voleuse de livres

5a80f154beb9582615325ca93de6ef66.jpgLiesel a dix ans, elle est juive et ne sait pas lire. Pourtant, elle est fascinée par les livres et ne peut s’empêcher de voler Le Manuel du fossoyeur à l’enterrement de son petit frère. C’est là, au début de la Deuxième Guerre mondiale, que la Mort la rencontre. Intriguée, elle la suivra dans sa nouvelle famille allemande, où sa mère la place pour la protéger. Réveillée par les cauchemars, Liesel demande à son père adoptif de lui lire son premier livre volé. Il lui apprendra ensuite à lire en peignant les mots sur les murs du sous-sol. Plus tard, ces murs cacheront un autre Juif, qui lui écrira une histoire sur les pages repeintes du Mein Kampf d’Hitler. La Voleuse de livres est une histoire de mots, de livres, mais surtout d’amitié racontée par la Mort. À partir de 14 ans.

capté

Par Sophie Perron, Clément-Morin