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mercredi, 08 juin 2011

Charly 9

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Charles IX, un "garçon, d'un naturel aimable et ayant de bonnes dispositions", le "doux roi indulgent" "au joues arrondies" "semblant à peine sorti de l'adolescence" a eu pour son plus grand malheur Catherine de Médicis comme mère, qui n'a d'yeux que pour "les chers siens", un autre de ses fils, Henri, que rien n'arrête, même pas le fait qu'on pourrait avoir envie de l'appeler Henriette.
Les deux ensemble, associés au Conseil, vont harceler Charly jusqu'à ce qu'il cède, aux caprices de mamma, et dise "oui" au massacre de la Saint-Barthélémy, dans lequel, hélas, il perd beaucoup de ses "amis".

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jeudi, 07 avril 2011

La délicatesse

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"Voilà, c'est la dernière chose qu'il fallait préciser. Il n'était pas amateur de transitions. Il aimait les ruptures, passer du silence à la fureur."

Alors un dimanche, il s'en va courir, c'est le silence, et puis la fureur, le bruit de l'absence, le bruit des fleurs qui le percutent. Fleurs qui allaient annoncer une union, maintenant "linceul" sur cette journée,  l'un seul et l'autre aussi, "obsession en forme de pétales".

Alors Nathalie glisse un marque-jour dans sa vie, interrompt la lecture de ce que son corps écrit, plonge dans le chagrin, se noie dans la mort de son mari dans cette vie désormais vide de lui. Comme si le quotidien se vengeait de n'avoir pu entamer leur amour, de n'avoir pu lézarder leur existence de routine, faute de murs.

Et Nathalie revient à la surface, sans l'inspiration salvatrice. Elle revient à la surface pour mieux plonger à nouveau, se noyer dans le travail, revient à la page du mot délicatesse, le mot du jour de son retour. Charles ouvre chaque jour le dictionnaire, pour donner une définition à la journée à venir, un sens à donner à sa vie, à sa vie sans Nathalie, qui , elle, apprend à ne pas mourir de l'absence de François. Sans dictionnaire.

Alors Markus entrera dans le bureau de Nathalie avec le dossier 114, Nathalie ne prendra pas rendez-vous avec ses lèvres, il lira du Cioran dans le RER, deviendra un homme et plus seulement suédois. Et de toute façon, cette histoire c'est le chapitre 47 :


"Pensée d'un philosophe polonais :

"Il y a des gens formidables
qu'on rencontre au mauvais moment.
Et il y a des gen s qui sont formidables
parce qu'on les rencontre au bon moment."

Et pourtant, personne n'est polonais, dans ce roman. Il y a juste du passé, du présent, des mots entre les deux, un mot, en fait, un mot, qu'on respire, car "il suffit de respirer pour que le temps passe".

Note : 7/10

jeudi, 02 décembre 2010

May le monde

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Si jamais vous vous promenez du côté de la Magerie, faites attention à ne pas tomber dans un trou à changement (l'abri des Crapauds, la chute de la Demoiselle, la Fourmilière noire, ou même les Sagittaires furibardes), c'est un coup à vous chiter la cheviller et vous biller la tête, mais surtout, à vous retrouver dans un monde en précohésion ou dans beaucoup, peut-être tout le Méga. Et, allez savoir, peut-être pour l'éternété.

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samedi, 28 août 2010

Les inséparables

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"A partir de treize ans, l'histoire ne se raconte plus de la même façon. Du jour au lendemain, d'une heure à l'autre, quelque chose qui se passe qui n'est ni un accident ni une rencontre
Quelque chose se casse à l'intérieur de Léa, une digue, un barrage, çah ne s'explique pas ; ça envahit."
Léa se réveillle, vers 4 heures du matin, "elle dit qu'un bruit s'est installé dans sa tête, un bruit qui n'est pas un bruit et qui ne s'arrête pas, et une phrase qui se répète sans fin, une phrase qui l'obsède : il n'y a pas de raison, pas de raison..."

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mardi, 10 août 2010

Une éducation libertine

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"Car Etienne, non content de le réduire au néant, l'avait confiné à ce rôle de divertissement charnel, éclipsant ainsi sa personnalité. C'est que je n'en ai pas, pensait Gaspard. Je suis une enveloppe, un paquet de chair et d'os sans autre contenu qu'un amas d'organes voué à me maintenir en vie. Suis-je en vie? se demandait-il ensuite. Rien ne paraissait moins certain, il pouvait à tout instant se liquéfier sur sa couche, disparaître."
Sur sa couche, ou celle d'autres hommes. Sur lesquelles il détestait être, grâce auxquelles il parvenait à "s'élever."

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dimanche, 25 juillet 2010

La malédiction du gitan

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Marvin Molar, il a rien pour plaire, mais comme il dit, y a pire. Nain, sourd-muet, avec des jambes si courtes qu'il se les ligote au croupion comme un poulet, il est pas du genre à se plaindre. Cinquante centimètres de tour de bras, et une déesse aux jambes interminablement fuselées. C'est vrai que là, d'un coup, ça redore un peu le blason. Tout est donc pour le moins pire, mise à part une certaine malédiction.

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vendredi, 25 juin 2010

Aime-moi, Casanova

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"Jack l'éventreur, le Poinçonneur des Lilas, Baby Face, Gueule d'Ange, Tombeur, Machine Gun Pussy, la Foreuse Ambulante, Casanova...
Tous ces surnoms liés à une certaine partie de son anatomie et à l'usage qu'il enfaisait avaient disparu avec ceux qui les avaient adoptés. Ils étaient pour la plupart morts ou - tout comme - à l'usine
.[...]
Son vrai nom était Milo Rojevic. C'était celui que lui avaient donné son papa et sa maman. Mais dans tous les services, non sans une pointe de féroce ironie, ses ennemis l'appelaient Casanova."

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jeudi, 20 mai 2010

Un homme

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"On ne fait rien qui ne comporte des risques, se disait-il, rien de rien, il n'existe rien qui ne se retourne contre soir, pas même peindre des tableaux à la con". On ne prend pas sa secrétaire à genoux sur la moquette sans que ça ne tâche la vie conjugale. On ne part pas en "lune de miel" dans la plus belle ville du monde avec une mannequin à l'esprit aussi ouvert que l'intérieur de ses cuisses sans qu'un divorce se profile à l'horizon. Eh non.

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mardi, 04 mai 2010

Des corps en silence

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Qui touche à mon corps, je le tue. Des corps en silence. Au fond, deux livres pour dire la fin.

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jeudi, 29 avril 2010

Moi, Anastasia

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Un peu comme un non-guide pas spirituel, un peu comme un manuel de non utilisation, un peu comme un tout qui n'dit rien, un rien qui n'a pas fini de tout dire. Il me semble que les électrochocs ne sont pas moins pénibles au soleil. Et les étoiles pas plus brillantes.

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samedi, 17 avril 2010

No et moi

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"Depuis toute la vie je me suis toujours sentie en dehors, où que je sois, en dehors de l'image, de la conversation, en décalage, comme si j'étais seule à entendre des bruits ou des paroles que les autres ne perçoivent pas, et sourdes aux mots qu'ils semblent entendre, comme si j'étais hors du cadre, de l'autre côté d'une vitre, immense et invisible." C'est vrai qu'elle n'est pas grande, Lou, mais elle est grande comme la plus brillante des pépites. Pépite, c'est comme ça qu'il l'appelle, Lucas.

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vendredi, 09 avril 2010

Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie

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J'avais pris des tas de notes, tout au long de la lecture des deux récits, et puis j'ai eu envie de jeter ces notes par la fenêtre, et de ne faire appel qu'à la mémoire, aussi peu fiable puisse-t-elle être, parfois. Ou même souvent. Car entrer dans une histoire de Yoko Ogawa, c'est risquer de n'en pas revenir. Du moins pas en entier. Quelque chose qui se serait égaré, dans le vent, entre les branches d'un arbre, dans la fumée d'un thé brûlant. Entre deux pages, deux lignes, deux lettres. Et encore une fois, je me suis un peu perdue. J'ai tout oublié, et presque tout réappris, ou alors c'était tout autre chose.

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mercredi, 07 avril 2010

Tu tomberas avec la nuit

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"Il faudrait que je puisse écrire ce qui m'est arrivé depuis dix-huit mois, raconter ce qu'un homme m'a fait subir chaque jour, trouver les mots pour dire son acharnement, peut-être sa haine. [...] Il a passé sa vie à juger des gens sans oser regarder leurs yeux."
René Frégni a été appelé pour "animer" des ateliers d'écriture, dans la prison d'Avignon, entre autres, prison humide, pourrie, rongée par la vermine, par l'ennui, par le manque d'intérêt des autorités. Il ne sait pas trop ce que cela signifie vraiment, mais il le fait. Il emmène son cartable empli d'histoires, empli de ciel, de femmes, de rêves, et chaque semaine, permet à chaque détenu participant une certaine évasion.
Un jour, il se retrouve à emmener Karine, une hyène au corps de déesse, chaque jeudi, prison de Luynes. Elle va retrouauer son homme au parloir, il va élargir l'espace entre les barreaux de quelques cellules. Jamais un merci, juste de la haine crachée durant le trajet. Contre tout et n'importe quoi. Elle profite de la voiture à son insu. Il met fin au p'tit manège, ne l'emmène plus. Il met le pied dans un terrible engrenage.

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mardi, 06 avril 2010

Cercueils sur mesure

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"Musique pour caméléon, dont est tiré Cercueils sur mesure, aboutissement d'une technique littéraire longuement mûrie, rassemble des textes d'inspiration et de styles on ne peut plus divers. Cercueils sur mesure, enquête sur une série de meurtres mystérieux, se place dans la ligne droite de De sang-froid."
Et c'est tout à fait ça. Admettons que les faits soient réels. Ou fictifs. Le constat est le même. On ne sait pas quoi admettre.

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dimanche, 04 avril 2010

La femme de hasard

Ah, Maria. Pas de bol non plus cette fille. Pas aussi misérable que Catherine, certes, quoique. D'une autre façon j'dirais. Mais laissons Catherine à ses aléas, et revenons à Maria. Mais vite fait. Parce qu'à dire vrai, sa vie est assez sinistre. Triste à en mourir. Enfin, c'est Maria, qui est triste à en mourir. Non pas qu'elle n'ait pas d'humour, qu'elle soit bête, ou encore moche.

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