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mercredi, 31 mars 2010

Darling

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Catherine. Darling. Ça se ressemble un peu. C'est la même personne, avec deux vies différentes. Enfin pas vraiment. L'une est merdique, l'autre est catastrophique. Dans l'une elle se fait insulter par ses parents, subit des mauvais traitements. Dans l'autre elle se fait traiter de tous les noms, se fait prendre n'importe comment. La seule chose qui change, c'est que c'est juste avec la voix. Mais pas pour longtemps.

 

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mardi, 30 mars 2010

La bouffe est chouette à Fatchakulla

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Quoi de mieux pour commencer la journée qu'une tête laissée là, comme ça, au bord de la rivière ? A part, évidemment, les ronflements d'une beauté fatale perdue dans les vapeurs de l'alcool et quelques dizaines de kilos supplémentaires, à part ce foutu cleb's insupportable, le café infect de la veille, et, cet abruti d'adjoint qui le tire de son sommeil pour lui annoncer la nouvelle ? Ma foi, pas grand chose.

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dimanche, 28 mars 2010

Les paupières

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« Quand j'ai réussi à bien dormir en avion, je ressens un immense bonheur. »

Tout commence dans un avion, avec cet homme, à côté d'elle, qui lui raconte l'histoire d'une vieille dame et son geiko fétiche. Une vieille dame, toute petite, « et curieusement, lorsqu'elle touchait quelque chose, cette chose à son tour paraissait petite ». « L'impression de la voir à travers des jumelles mises à l'envers. »Partie aux funérailles de son correspondant de longue date, qui lui avait envoyé la photo d'un acteur. Amoureuse à distance. Et puis..

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samedi, 13 juin 2009

Soupir

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"Soupir, lieu de ronces, cailloux, roche basalte, en déséquilibre sous le ciel bleu, écrasé par la bouche des collines. Il ne pouvait s'appeler autrement.
C'est là qu'on naît, c'est là qu'on vit et c'est là qu'on crève, un
lepasan entre deux ombres. On avale une poussière qui porte en elle l'espace et les gens, l'exigence des pierres et le souffle amorti de la mer.
Il n'y a pas de fuite possible."

Soupir, dernier espoir, dernier refuge terrestre pour une bande d'hommes et de femmes au bout du rouleau, au bout d'eux-mêmes, au bout de tout. C'est la terre qui exhale son dernier souffle, c'est le soleil qui assèche cette terre aride autant qu'elle assèche le coeur de Patrice l'Eclairé, le narrateur, Fer-Blanc, qui a perdu sa couleur, Noëlla, privée de jambes, Maryvonne, la mère de Noëlla, Royal, Palm qui n'a pour mère que cette terre qu'il connaît, qui le connaît, mieux que personne, Pitié, battue par amour, par impuissance, et quelques autres.

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jeudi, 19 mars 2009

Vers des jours meilleurs (ne jamais se fier à un lapin sur une autoroute)

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"Je ne sais plus comment nous éitons arrivés là.
Je me souviens seulement des lumières. Elles passaient au travers des corps. Du mien. Des autres.
Rien n'arrêtait les lumières.
Elles étaient blanches, parfois, ou bleues, ouvertes. Les corps s'agitaient. Mon corps s'agitait. Se tordait, se cassait et se redressait.
Et les lumières passaient au travers.
Rien n'arrêtait la lumière
."

Zack. J'aime bien sa façon de penser. Pas forcément sa façon de faire, mais cette réflexion qu'il porte déjà sur les choses, els sentiments, les gens. Son amour pour Maïa, bien plus grand que certaines amours de grands. Plus incertain, si évident,  encore presque insouciant. Est-ce l'effet du pétard qu'il se fume avec une de ses amies, Marjorie, le matin, avant d'aller en cours ? l'atmosphère de ceux qu'il partage, dans certaines soirées, avec des "musicos" incapables d'émettre la moindre mélodie ? Est-ce simplement vrai ? Mais alors, pourquoi le pétard, pourquoi l'ecsta, pourquoi même ce sachet de cocaïne dans sa poche ?

Pas de faux discours, dans ce roman, pas de discours du tout. Juste quelques ados, pas de stéréotype. Non.
Juste quelques adolescents, qui tentent de fuir un peu la violence du monde, et se retrouvent face à une autre violence, plus douce en apparence. Ou juste quelques adolescents, en quête d'une échappée belle, vers d'autres sensations, une autre dimension. Voir d'un peu plus près les couleurs cachées d'une société en mal d'aimer.
Il aime, Zack, pourtant. Il emplit ses poumons de Maïa, à chaque inspiration, il ne se sert de ses yeux que pour la voir, l'apercevoir, la contempler. Ses mots sont tous, tout entier dits, écrits pour elle. Maïa. Maïa qui l'aime, envers et contre tout, et surtout contre ce tourbillon dans lequel Zack se laisse aspirer, en inspirant quelques bouffées, en gobant un ou deux ecsta... Maïa n'est pas spécialement raisonnable, sa drogue à elle, c'est Zack. Malgré elle. Malgré lui.
Jusqu'à ce que l'éphémère effleure Maïa. Jusqu'à ce que la réalité rattrape Zack, l'attrape, contre un mur. L'échappée belle a un prix, la poudre du bonheur temporaire coûte cher. C'est cher payé, Zack, pour si peu... non ?

Un détour par la littérature pour ados des plus réjouissants, écriture de l'instant, tactile, au souffle court, rapide. Pas de morale, juste de l'amour. Un peu d'humour, beaucoup d'erreurs, et de la poésie.

"- Je t'ai dit que j'étais un poète?"
Pas besoin de le dire Zack, pas besoin...

Note : 08/10

Ce qui est précieux (Le combat ordinaire, tome 3)

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Toujours aussi remarquable, cette histoire, pourtant universelle, mais écrite et dessinée avec une belle sensibilité. Le héros poursuit ses questionnements, sa quête d'identité, mais surtout sa quête de sens.

Et les réponses qu'ils cherchent ne sont pas forcément chez le psy qu'il consulte depuis pas mal d'années maintenant. Peut-être se cachent-elles ailleurs, plus près, dans ce qu'il y a de plus simple, le moins évident à voir, vraiment.

Donner un sens à sa vie, c'est d'abord la vivre. Et son père, avec sa collection de bouchons, et ses carnets remplis de notes anodines, chaque jour, ou presque, avait peut-être compris, que la vie n'est pas si loin qu'on le pense. Qu'elle est peut-être simplement dans ce qui nous entoure. Un nid en construction, un rayon de soleil filtré par les branches d'un arbre en fleurs, porter son fils sur ses épaules.

Parce qu'avoir un enfant, ce n'est pas que des soucis...

mercredi, 18 février 2009

Syngué Sabour - Pierre de patience

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Le souffle se pose, s'impose, impose le rythme à l'écriture, au temps qui passe, à la vie qui continue. Vie qui semble le survoler, se concentrer dans ce souffle, qui est le souffle.
Elle compte, compte les souffles, les grains du chapelet. Elle répète, les 99 noms du Dieu qu'elle prie depuis des semaines, inlassablement, proche de l'incantation, parfois.  Elle prie.

 Elle va, vient, vérifie le souffle, toujours, le stilligoutte, déversant dans les veines de l'homme une solution sucrée-salée. Deux gouttes de collyre, dans chaque oeil. Est-il encore vivant, à quoi pense-t-il, l'entend-il ? Seul ses organes vitaux semblent fonctionner, coeur, poumons, une part de son cerveau. Abandonné à ses seuls soins, à elle. Et elle, abandonnée de tous, ou presque.

Elle patiente, puis s'impatiente. Se met en colère, hurle, pleure, s'en va, revient, sans cesse. Elle. La femme.

La guerre en fond sonore, à peine visuelle, incarnée dans quelques corps, avec ou sans vie. Les tirs, dans la rue, entre deux souffles. Et le silence, plus pesant que la violence extérieure, que la mort elle-même.

Peu à peu ses mots à elle prennent le dessus sur son souffle à lui. Peu à peu la colère, les doutes, cèdent leur place à l'intime, à la confession. Prudente, au début. Et face au souffle impassible, au regard fixé au plafond, elle se livre, toute entière, se délivre, de ces années passées à ses côtés, à lui. Ou plutôt dans son absence. Dans son ombre. Sous sa coupe, celle de sa famille, à lui. Et un peu de la sienne, à elle, aussi.

Comme si son état léthargique, sa compagnie "forcée" était, pour elle, un début de salut. Sa pierre de patience, à elle, sa syngué sabour.  Elle se livre, se délivre, puise au plus profond d'elle ses plus douloureux secrets.  Les tabous finissent par disparaître, et c'est une femme nue, à nu, qui se révèle. Libérée. Et cependant, dépendante de cette relation, nouvelle. Un secret en entraîne un autre. Jusqu'à ce que..

 Note : 10/10

 

samedi, 24 janvier 2009

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi

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"Est-ce qu'il ne fait pas trop froid là-bas, est-ce que tu sais les fleurs sur le toit de toi, est-ce que tu sais pour l'arbre que l'on va devoir couper, est-ce que tu sais pour le vent qui agite les volets de la cuisine et secoue ton ombre sur le carrelage ?
Maintenant il fait tout le temps nuit sur toi. [...]
Est-ce que ça va mieux, est-ce que c'est léger comme une bulle de laisser son corps juste là, tel un vêtement abîmé que l'on ne peut plus porter ? C'est fini ce poids qui écrasait ton sourire ? qui écrasait ton ventre, qui t'écrasait ? Tu as pu t'échapper, dis ? Avec ton sourire en poche maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ?
"

C'est comme une mécanique qui se met en marche, toute seule, lorsque le vide se fait. C'est comme si le corps, le coeur, pouvaient fonctionner sans qu'on leur demande, et ça tombe plutôt bien, car on n'a rien envie de leur demander, à ce moment-là. Juste pouvoir s'envoler, avec l'âme du parent perdu, car sans elle, lui, on est perdu, soi aussi. Comment on fait, sans celui/celle qui nous a montré le soleil filtrer entre les branches d'un arbre ? Comment on fera, la prochaine fois qu'on tombera, puisqu'il ou elle n'est plus là pour nous relever, me prendre dans tes bras, me dire que bientôt je n'aurai plus mal ? Comment je fais, pour ne pas maudire tous les gens de ton âge, ou même bien plus, qui déambulent dans la vie comme si de rien n'était, comme si elle n'avait pas changé ?

Oui, tout est différent, la lumière des lampadaires, agressive, ou blafarde, n'est plus seulement la lumière d'un lampadaire. Le silence a changé, lui aussi. Plein de toi, du vide qui n'en finit pas de me remplir, de moi qui n'en finit pas de ne plus pouvoir vieillir. Les autres, autour, avec leur "sac plein d'amour" qu'ils portent à bouts de bras, ne sont plus seulement les autres, mais des témoins, des preuves que tu es bien dans ce cercueil, que c'est bien toi qu'on va mettre dans le noir pour toujours, toi qui m'a fait voir le jour.
Oui, mon corps s'est arrêté, mon coeur a pilé, net, sans prévenir, laissant des traces de toi sur ma peau, anesthésiant provisoire, en attendant que je réalise. Mais réaliser quoi ? Ton absence qui emplit tous les recoins de la maison ? La porte de ta chambre qui semble prendre toute la place dans le couloir ? Les bruits de cuisine qui ne seront plus jamais les tiens ?

Et ce géant, de 4,50m, qui semble mettre une éternité pour s'asseoir, repliant ses jambes en accordéon. Ce géant, le maîtres des ombres, capable de pleurer de la neige, de se transformer en arbre mort, que fait-il là ? Pourquoi suis-je le seul à le voir ? Et pourquoi ces trois livres, comme si j'avais envie de lire... comme si j'avais envie de quoi que ce soit.... et c'est quoi cette ombre, qu'il m'a refourguée, dont je ne sais que faire. Si seulement je pouvais me fondre en elle.. un moment.. le temps de... mais le temps de quoi ?

Un trentenaire qui perd sa mère, c'est avant tout un enfant qui perd sa maman. Et y a pas d'âge pour l'accepter. Y a pas d'âge pour accepter la victoire de la maladie sur ses rêves d'enfant, ses comptines d'antan, ses gateaux encore tout chauds. C'est pas qu'on y avait encore droit, aux comptines, aux histoires du soir, bien au chaud, dans ses mots, sa voix qui nous enveloppe. Mais maintenant, c'est sûr, c'est définitif, y en aura plus. Plus jamais il/elle nous racontera d'histoire. Y en a plus qu'une avec laquelle je vais devoir vivre, et c'est la mienne.
Comment je fais, entre l'anesthésiant des premiers jours, et les souvenirs supportables ?  C'est quoi, tout ce noir, là ?

Une "mécanique du coeur", un "Alice au pays des mères qui veillent un peu moins longtemps que d'autres".

9782205054255.jpgHasard ou pas, j'me suis retrouvée à lire Le Combat ordinaire, en même temps.. Et ça colle bien. Même si le sujet central est différent. Quoique, dans les deux il est question de deuil.. Mais pas forcément des mêmes personnes.

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lundi, 15 décembre 2008

Waylander

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Un pas, un son derrière vous, une ombre sur votre droite, un éclair blanc illumine votre vision avant de s’écraser sur votre œil… Vous êtes mort… Vous vous écroulez et vous ne pensez à rien, ou plutôt si vous pensez à ce livre, à ce qu’il transmet, aux doutes qui vous accablent dès la fin de sa lecture, les questions qui tourbillonnent dans votre esprit, et ce sursaut à  chaque bruit…

Waylander ce n’est pas que l’histoire d’un assassin, c’est l’histoire d’une rédemption, la rédemption du diable en personne, dès sa rencontre avec ce prêtre il sent que quelque chose a changé en lui. Ce quelque chose sera la clef de son succès ou sera le tronc qui servira à faire son cercueil…

Un livre sombre, un livre plein de questions mais surtout, un livre qui vous fait réfléchir à votre façon d’être, à vos actions, un livre qui vous fait réfléchir sur la nature humaine,…

Personnellement l’ayant lu cinq ou six fois, je me pose toujours des questions et réfléchis toujours autant aux morales que donnent ce livre…

 

Greg.

mercredi, 08 octobre 2008

Electre

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À son retour de la guerre de Troie, Agamemnon, chef de l’armée grecque, est assassiné par sa propre épouse, Clytemnestre, et l’amant de cette dernière. Mais le couple machiavélique craint la future vengeance des enfants. Par amour, Clytemnestre va jusqu’à oublier son rôle de mère : elle  exile son petit garçon, Oreste, et condamne sa fille Électre à mener une vie d’esclave. Tout semble réglé, mais le plan des amants a une faille : le destin. Adulte, Oreste revient à Argos sur l’ordre d’un oracle pour venger la mémoire de son père défunt. Le destin de la famille maudite peut désormais s’accomplir…

Eschyle, Sophocle, Euripide : les trois grands poètes tragiques ont consacré une œuvre à ce célèbre mythe. Héros malgré eux, Oreste et Électre émeuvent autant qu’ils effrayent. Traités différemment selon les poètes, ils demeurent complexes et ambivalents chez chacun d’entre eux. À la fois terrifiants et pathétiques. Héroïques et tragiques. Victimes et coupables. D’où le trouble des spectateurs et des lecteurs. Car il est difficile – voire impossible – de porter un jugement sur certains actes. Même lorsqu’ils sont criminels. Oreste doit venger la mémoire de son père en punissant ses assassins. Mais comment faire lorsque le meurtre devient un matricide ? Faut-il tuer sa propre mère ? Peut-on choisir entre devoir et morale ? Autant de questions auxquelles sont confrontés les héros d’Électre, au cœur d’un dilemme sans d’autre issue possible que la culpabilité. À lire et à relire.

 

 

 

 

lundi, 22 septembre 2008

Bio-top ! mais trop court

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NaaAAaAAaaaaaAAAaAaaN !

C'est fini ! Deux tomes, et hop, plus rien... Pffff.. D'accord, on dit "les histoires les plus courtes sont toujours les meilleures", mais on dit aussi "plus c'est long, plus c''est bon".. Un tome ou deux en plus, ça n'aurait rien gâché. C'est comme un roman qui nous absorbe tout entier et nous rejette violemment au moment où l'on s'y attend le moins, c'est-à-dire à la fin, cette fin qu'on ne voulait pas voir arriver. Comme la nature, qui parfois préfère l'autodestruction à la mutilation humaine. Cette nature qui reprend ses droits, et surtout celui de vie ou de mort. Sur elle-même, et donc sur les hommes..
Comme j'aime cette citation : "l'homme est un loup pour l'homme". Notre pire ennemi, bien souvent, n'est autre que soi-même....

N'est-ce pas Commissaire Toussaint...

Note : 08/10

L'avis de BDthèque 

dimanche, 21 septembre 2008

Bio-top !

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Mot de l'éditeur :

Trois flics noirs, deux hommes et une femme sont envoyés sur Biotope, une planète écologiquement protégée pour enquêter sur un assassinat. Une fois arrivés à la base, ils sont accueillis par des scientifiques particulièrement peu coopératifs et ont interdiction de sortir pour ne pas risquer de modifier l’écosystème. Commence alors une enquête difficile au milieu d’une base hostile dans une ambiance seventies extrêmement jouissive.

AAAAAaaAAAAaaH ! Je veux la suite ! C'est trop de suspens !
J'adore les différentes personnalités des membres de l'équipe chargée de l'enquête, le commissaire Toussaint qui fume partout sauf là où il a droit, qui déteste la nature, Eunice qui envoie bouler Eugène Leblond, qui s'envoie en l'air avec Aristide pendant que l'enquête stagne, histoire de passer le temps. Bref, une équipe décalée dans une atmosphère complètement déglinguée. La nature apaise ? Pas si sûr...

vendredi, 29 août 2008

L'oeil était dans la tombe

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Patrick Vaille, jeune chef d'entreprise à qui l'existence semble réussir, vit néanmoins dans le souvenir encombrant d'un père aimé-détesté, Jacques, personnage médiatique au caractère très marqué, et dont il assume très difficilement la mémoire. Aussi, lorsqu'un maître-chanteur menace son épouse de révéler des photos compromettantes pour la figure de ce père décidément envahissant, le jeune homme passe à l'action et tue le maître-chanteur, dans des circonstances sordides. Le premier pas d'un terrifiant engrenage criminel... et la première surprise d'un scénario riche, tendu et particulièrement fertile en rebondissements.

Je ne m'y connais pas assez en BD pour apporter une critique très pertinente, c'est donc en amateur que j'en parle. En effet le graphisme est particulier, et donne aux visages une certaine intensité, notamment les yeux. L'histoire est assez convenue, la sensation de déjà-vu s'impose. L'aveugle qui apporte sa contribution n'est pas sans rappeler un certain film, le père abusif et la mère suicidée par défenestration n'apportent pas non plus l'originalité espérée. Je fus assez perplexe face aux quelques raccourcis que l'auteur a pris (est-ce inhérent à la BD ?), éludant bon nombre de faits et gestes, de pensées, l'évolution d'un esprit plus que malade. Cela dit, j'ai pris un certain plaisir à lire cet ouvrage. Un je ne sais quoi d'attirant, d'envoûtant, le dessin sûrement, qui pardonne les maladresses de la narration.

Et puis, ce titre, extrait d'un vers de Victor Hugo : "L'œil était dans la tombe et regardait Caïn." Il fallait oser.

Note : 06,5/10

 

jeudi, 14 août 2008

Jeu de massacre

Jeu de massacre

"Le mieux qu'on pouvait espérer de la vie, si on suivait le mode d'emploi, c'était de devenir de bons consommateurs bien sages et bien gras, des Bidochons certifiés conformes qui regardent la télé pour oublier ce qu'ils voient à la télé. Notre destin c'était de ramer jusqu'au bout de nos forces, ramer, ramer sous les publicités pleines d'autos scintillantes, de pays exotiques et de femmes de luxe. Tristes de désirs inassouvis, on se sentait déjà finis, emballés, étiquetés, condamnés par les statistiques et les calculs des experts en avenir. Entre la vie flamboyante et cousue d'or qui s'affichait partout et notre existence au goût de cambouis, il y avait trop de décalage."

Le tigre, Saint-Croix, Chalouf et moi. Quatre jeunes gars pleins de révolte et non pas d'avenir, qui ne se font aucune illusion quant à ce qui les attend et qui tentent d'y échapper, le temps d'une virée. Marseille, ma ville, notre univers, notre pied-à-mer, un phare dans notre vie de misère. Et en parlant de misère je vous affirme qu'elle n'a rien de moins pénible au soleil. Au contraire, la chaleur aurait tendance à activer le processus. Certains quartiers transpirent leur mal-être, les oedeurs sont plus fortes, tout est révélé aux rayons inquisiteurs du roi soleil. S'il faut de tout pour faire un monde, Marseille en est le centre :"On est allés prendre le pastis à la gare de l'Est. C'est là le vrai coeur de Marseille, avec, devant la statue mutilée de je ne sais plus qui, le petit marché où l'on trouve tous les fruits et légumes de l'univers. C'est plein de cafés, de pâtisseries arabes, de poissonneries, d'oiselleries, de marchands de vin, de bazars, de crémeries et tutti quanti. Ca grouille de monde, ça crie, ça s'appelle par la fenêtre, on entend un piano, des chiens aboient, des chats regardent - c'est une bouillabaisse vivante qui donne le vire-vire, et ça sent la mer, l'anis et la friture. Ce n'est rien de particulier mais on se sent bien. A Marseille, s'il n'y a pas toujours tout ce qu'on cherche, on trouve de l'imprévu à pleins paniers. Ici rien ne marche comme sur des roulettes mais tout peut arriver. On ne se sent plus seul parcequ'on oublie qu'on existe, tellement on voit de choses : des Noirs qui vendednt des gris-gris, des fillettes en chaussaettes blanches qui sortent de leur leçon de musique, des vieux qui boivent le pastis au même endroit depuis des siècles, des putes chinoises qui avalent une pizza avant de retourner au travail, des marins qu'on ne sait pas d'où ils viennent, des fadas qui ne savent pas où ils sont, des gitanes qui pour quelques francs vous délivrent du mauvais oeil."

Mais moi je préfère Marseille la nuit, Marseille l'étoilée. Quand j'regarde ses lumières, j'vois plus l'désastre, mon esprit devient boussole et s'aimante à l'infini. Mon corps alors navigue dans l'océan de l'univers. "Nous dominions la ville. Sur les pelouses tournaient des jets d'eau. On s'est mis tout nus et pendant un bon moment on s'est éclaboussés à qui mieux mieux.Le tigre avait apporté une barrette d'afghan, du bon, bien noir, alors on s'est fumé un pétard sous les étoiles. Devant nous, des anges en pierre sonnaient de la trompette vers la lune.[...] C'était magique, toute cette nuit rien que pour nous. A nos pieds, Marseille s'étendait de partout, avec ses millions de lumières, ses clochers, ses coupoles, sa Bonne Mère, là-haut, toute illuminée - et puis la ville s'arrrêtait net comme au bord d'un abîme : c'était la mer, une nuit dans la nuit."
Saint-Croix lui, il préfère lire la vie dans des bouquins  de Kant, Descartes, pour lui la vie c'est la pensée, moi j'préfère penser à la vie.
Chalouf, il en peut plus d'amour pour une fille qui a préféré envoyer sa pudeur en l'air avec le tigre. Même pas un baiser. Il n'en peut plus de sa vie sans zèle, de ce voyage sans destination, tout ça parce qu'il vient de l'autre côté d'notre mère qui médite. ALors il se réfugie en lui-même, il creuse sa tombe en lui-même, pas facile d'être arabe. Tous les regards, les paroles méprisants qu'on lui jette sont autant de mottes de terre qu'on jette sur son cercueil de chair. Car il est pur, Chalouf. C'est pour ça qu'il morfle autant.
Le tigre lui, a sa solution. Ne plus tomber amoureux, prendre une fille quand le désir s'empare de lui, devient trop fort pour l'ignorer. Et ça passe. Jusqu'à la prochaine fois. Il n'a pas d'espoir d'une vie meilleure, et pense être immunisé contre la déception. C'est ça un homme. Mais il tient tout de même à avoir sa place dans l'Histoire. Révolutionner les âmes endormies, grisées de bitume, de charbon, de gaz d'échappement. Tout le monde a droit à la beauté. Ca devrait même être obligatoire. Le laid ne devrait pas exister. On devrait même le marquer dans la Déclaration des Droits de l'homme. Tout le monde devrait pouvoir déjeuner dehors, à l'ombre d'un marronnier, avec comme seul bruit le chant d'un rossignol. C'est ça, la vraie vie. Un peu macho écolo, le tigre.

On changera pas le monde, on veut juste qu'il se souvienne de nous, qu'il sache qu'on ne sait pas vraiment comment faire, mais qu'en tout cas on ne se laissera pas faire. On pensait pas à mal. On pensait juste à un peu mieux. Ne serait-ce qu'un court instant.

Note : 08,5/10

"C'est bizarre : les messieurs dames qui fabriquent des livres, ils sont remplis de culture, ils savent le mystère des choses et le dessous des cartes, mais au lieu de nous expliquer la vie, c'est nous qui devons expliquer les livres."

vendredi, 01 août 2008

Le musée de l'homme - Le fabuleux déclin de l'empire masculin

Le musée de l'homme : Le fabuleux déclin de l'empire masculin 

Le pauvre. Enfin le pauvre. C'est vite dit. Il est conscient, pire, il ne fait rien contre. De toute façon, à quoi bon. Et quand je dis pire, on se comprend. Depuis mai 68 le statut du mâle dominant décline, les femmes prennent (doucement mais sûrement) leur revanche de tant d'années d'oppression. Le pire c'est qu'on n'a rien vu, ou presque. Ah, y a pas à dire, elles savent faire preuve de ruse, pour parvenir à leurs fins. Depuis le droit de vote, rien ne les arrête. Ce serait donc vrai...

Pourquoi ne peut-on plus regarder un film porno quand on veut, se gaver d'émissions 100% masculines en mangeant des marrons suis', sortir avec ce bon vieux René, célibataire par choix et coureur de jupons par vocation ? Ah c'est plus simple chez les mafieux, un seul regard et toutes les femmes de la maison virent dans la cuisine, où les hommes savent ce que ça veut dire d'être un homme, où on fume, boit et mange sans jamais craindre pour ses poumons, ses artères. Inutile d'essayer. Elle l'obligerait à manger surgelés pendant des mois, ne laverait plus son linge. Refuserait tout rapprochement trop intime. C'est toujours elle qui a le dernier mot. Même sans parler. Comme pour le 4x4 de ses rêves à lui. C'est elle quele vendeur a convaincu. Même plus drôle.

Un livre désopilant, fausse satyre (vraie réflexion) sur les rapports homme-femme, sur les femmes qui sont déjà aux commandes mais ont (l'intelligence) l'honneur de laisser (croire) à l'homme la "décision". Petit guide de survie pour trentenaire et plus, marié, père ; les pièges à éviter (testés par l'auteur!)...

Les femmes riront franchement discrètement, les hommes crieront au scandale esquisseront un sourire de connivence, ressentiront un peu de compassion, et secoueront la tête de gauche à droite en murmurant : c'est tellement vrai. Une fois que vous aurez le dos tourné, Madame. Faudrait voir à pas louper le câlin du jeudi.

Note : 08/10