mardi, 25 mars 2008

de l’ère logistique à l’ère de la médiation

Je vous recommande chaudement  cet article dont voici un petit extrait :

"Il me semble pourtant que la médiation est bien la recherche de dispositifs permettant de faire se rencontrer l’offre et la demande documentaire. A cet égard, je crois qu’elle fait partie intégrante de notre métier (tout comme l’action culturelle, dont elle est partie prenante). L’émergence d’Internet a d’abord fait croire que tous allions nous passer des médiateurs, puis ceux-ci sont revenus de manière très forte sous la forme de services numériques de recommandation plus ou moins automatisés. C’est l’ère du “si vous avez aimé cela, je vous conseille aussi ceci”, l’ère en quelque sorte de la dissémination des leaders d’opinion. Aujourd’hui, ce qui est valorisé, c’est le conseil, la proximité, la personnalisation et la recommandation, bien au delà des bibliothécaires. "

lundi, 24 mars 2008

Association de poè-tes/mes

Amusez-vous à ouvrir quatre recueil de poésie, à prendre un vers d'une strophe au hasard d'une page, et d'en recomposer une, et voyez ce que ça peut donner :

1890501551.jpgl'air est si beau et si froid le soleil

 

 

 

 

175630011.jpgdevant le ciel qu'une ombre empale

 

 

 

 

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 avec un brin de chance et l'écume d'un orage

 

 

 

 

1905162665.2.jpgAi-je habité ma seule vie ? Celle d'un autre ?

Ce n'est pas que ...

1378736210.jpgJe ne lis plus, en ce moment (l'absence de conte rendu pourrait le faire croire), mais je ne me fixe sur aucun en particulier. J'essaie, sans succès. Comme si les romans ne voulaient pas de moi, qu'ils faisaient semblant de m'accepter, puis, quelques dizaines de pages plus tard, me repoussent, deviennent obscurs, font exprès de me faire perdre le fil pour me lasser de recommencer.

1890501551.jpgIl faut dire aussi que la nuit est déjà bien installée quand j'arrive à hauteur d'une couverture apparemment aimable, que je la frôle (ne pas surprendre, créer le contact), la touche, plus fermement, et puis écarte ses pages, avec un semblant de violence, et elle un semblant de pudeur. Là, je me noie dans ces mots qui dansent devant moi, ils m'absorbent, m'envahissent, me bercent, m'aiguillent vers la page d'après. Et puis, au moment où l'esprit ronronne, la mécanique s'est installée, les yeux se ferment, se rouvrent, cherchent à raccrocher la  dernière phrase, le dernier paragraphe..
175630011.jpgQuand je les rouvre, le livre est à terre, vaincu, ou plutôt boudeur, se sentant dédaigné. Alors chaque soir, c'est le même scénario, le roman se fait de plus en plus récalcitrant.

Je crois avoir trouvé une ruse. Je m'éparpille dans des recueils de poésie. ils ne sont pas si prétentieux, eux. Heureux plutôt, qu'on s'intéresse à eux.

Je navigue entre , et puis ...1905162665.jpg

jeudi, 20 mars 2008

Suivez le fly

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Un p'tit vertige ?

 
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La poésie vois-les-dévoilée
encore plus ici

vendredi, 14 mars 2008

Voilà - Le bouc aux enfants

C'est fait. Le Printemps des poètes, une réussite. De belles rencontres, découvertes, émotions. Incroyable.

J'ai lu du Jean Richepin à voix haute. Il y en avait pour tous les publics.
Entre autres j'ai lu celui-ci :

Sous bois, dans le pré vert dont il a brouté l'herbe,
Un grand bouc est couché, pacifique et superbe.
De ses cornes en pointe, aux noeuds superposés,
La base est forte et large et les bouts sont usés ;
Car le combat jadis était son habitude.
Le poil, soyeux à l'oeil, mais au toucher plus rude,
Noir tout le long du dos, blanc au ventre, à flots fins
Couvre sans les cacher les deux flancs amaigris.
Et les genoux calleux et la jambe tortue,
La croupe en pente abrupte et l'échine pointue,
La barbe raide et blanche et les grands cils des yeux
Et le nez long, font voir que ce bouc est très vieux.
Aussi, connaissant bien que la vieillesse est douce,
Deux petits mendiants s'approchent, sur la mousse,
Du dormeur qui, l'oeil clos, semble ne pas les voir.
Des cornes doucement ils touchent le bout noir.
Puis, bientôt enhardis et certains qu'il sommeille,
Ils lui tirent la barbe en riant. Lui, s'éveille,
Se dresse lentement sur ses jarrets noueux,
Et les regarde rire, et rit presque avec eux.
De feuilles et de fleurs ornant sa tête blanche,
Ils lui mettent un mors taillé dans une branche,
Et chassent devant eux à grands coups de rameau
Le vénérable chef des chèvres du hameau.
Avec les sarments verts d'une vigne sauvage
Ils ajustent au mors des rênes de feuillage.
Puis, non contents, malgré les pointes de ses os,
Ils montent tous les deux à cheval sur son dos,
Et se tiennent aux poils, et de leurs jambes nues
Font sonner les talons sur ses côtes velues.
On entend dans le bois, de plus en plus lointains,
Les voix, les cris peureux, les rires argentins ;
Et l'on voit, quand ils vont passer sous une branche,
Vers la tête du bouc leur tête qui se penche,
Tandis que sous leurs coups et sans presser son pas
Lui va tout doucement pour qu'ils ne tombent pas.

Dans La chanson des gueux

J'ai lu ce poème à des enfants âgés de 6 à 10 ans. Ca leur a autant plu que du La Fontaine. Eh oui, La Fontaine est picard.

mardi, 11 mars 2008

Et l'été, y a quoi ?

Plus le jour J approche (après-demain), plus la pression monte (professionnelle du livre oblige), plus je me dis, "et après le Printemps des poètes, y a quoi ?" Bien évidemment, ce n'est qu'une grammaire de pensée que j'utilise, en temps ordinaire j'aurais dit " qu'y a-t-il ?", un bon français bien d'chez nous. Enfin, de chez nous, pas de chez nous les Picards, (merci le grand écran), mais de chez nous, la France. Une grammaire littéraire, qui pourrait passer pour soutenue quelquefois.

Cela ne répond pas pour autant à la question. Depuis des semaines le printemps se prépare, mis à l'honneur au mois de mars il culmine le 13 mars, journée remplie d'un marathon lecture, en voiture, avec étapes, et retour au "bercail", jusqu'à minuit. Tout ça accompagné de poésie de Picardie (et pas forcément patoisante ou ch'ti). Des poètes picards. Que j'ai eu un plaisir fou à découvrir, redécouvrir (La Fontaine, ça vous dit quelque chose...). Mots pleins du vide qu'ils ont laissé après nous avoir quittés... Une entreprise certes ambitieuse, source de stress, mais (je prends du recul avec un peu d'avance), ô combien enrichissante, tant par la poésie, que par ceux qui vont la dire, ceux qui vont l'écouter, ceux qui la donnent et ceux qui la reçoivent. Au final, on la reçoit tous, la poésie est un don.

Mais après.. En été, on fait quoi ? On feuillette un roman à l'eau de rose sur la plage en train de roussir ? On ramène ses livres à la bibliothèque plein de sable dans la couverture et les pages tachées de crème solaire ? On essuie juste la sueur et on range ?

C'est bien beau de faire un Printemps des poètes... Et les saisons qui restent ? On fait l'impasse ? C'est un cul-d'sac ? Il n'y a que Vivaldi qui a le droit de toutes les toucher ? Mince alors....

Amis lecteurs, auteurs, nouvellistes, romanciers, et les autres.. Ne laissons pas l'été sans poésie, ne laissons pas la poésie sans été, elle risque de pourrir à même les branches et tomber à l'automne sans avoir bénéficié d'un seul regard...

(non, tout ceci n'a rien à voir avec une quelconque campagne)