lundi, 03 mars 2008
A propos du spatialisme
"Le spatialisme, cette démarche poétique qui consiste à considérer la place du mot et des caractères d´imprimerie dans l´espace de la page, c’est Pierre Garnier et son épouse Ilse, qui en sont à l’origine. « Isoler la langue, la modifier, la bouleverser, créer des structures neuves… provoquant l’apparition d’états jusqu’alors inconnus et plaçant l’homme dans un milieu permanent de création et de liberté » dixit le poète. Ce mouvement deviendra très vite international et Pierre Garnier écrira et publiera de nombreux ouvrages dans différents pays."
attrapé ici
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Pierre Garnier et sa femme Ilse, ont été les pionniers d’une poésie expérimentale qui rejoignait un mouvement international de poésie dite concrète, à laquelle Pierre donna le nom de spatialisme : la phrase se brise, son organisation traditionnelle éclate ; ne reste que les mots-clés : les mots moteur, les mots miroir.
Ils s’organisent en rythmes, en mouvements parlant aux yeux autant qu’à l’esprit. Bientôt les mots mêmes éclatent, libérant les lettres qui constellent la page et y recréent l’espace.A cet éclatement de la phrase en mots, puis du mot en lettres, vont s’ajouter des signes - points, traits, flèches - et des figures géométriques simples - cercles, carrés, croix - qui deviennent représentation mentale de l’espace et du temps, de la nature, de l’amour, de la mort.
Qu’on ne s’y trompe pas : la lecture de cette poésie n’est simple qu’en apparence. Elle demande de se vider l’esprit pour n’être qu’un récepteur de signes. De chasser le mode de lecture habituel pour adopter l’attitude mentale qu’on peut avoir en face d’une peinture abstraite.
attrapé là
11:06 Publié dans à lire/à voir, cultiver, dans ma p'tite ville, poètes picards | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, garnier, spatialisme, printemps poètes
dimanche, 02 mars 2008
Et demain quel séjour
et demain quel séjour
vous ne saviez rien de
cet avenir qui est passé
il faisait des confusions
avait oublié tous les noms
ou faisait comme s'il
ne s'en souvenait plus
il avait tant d'autres
noms à découvrir et
c'étaient surtout les gens
qui l'intéressaient
jamais le temps de retrouver
toutes les paroles dispersées
au commencement nous parlions
peu à peu du vent et sans
doute de la fatigue puis il
fallut déformer la bouche
pour être entendu les mots
en ont perdu de leur sens
16:21 Publié dans cultiver, dans ma p'tite ville, poètes picards, Un jour, un texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, dormoy
jeudi, 28 février 2008
Putain d'vie
Aujourd'hui je suis allée au théâtre, voir une des représentations de "Putain d'vie", dont je vous ferai un p'tit conte rendu dans les jours à venir, le temps de digérer et compléter mes notes.
J'voudrais juste vous faire partager une découverte, celle des poèmes de Jehan-Rictus, le poète, que je vous conseille de découvrir ici et là, dans son élément, parmi ses compagnons de mots, de chansons. La découverte d'une époque, d'un mouvement. Les Poètes du Chat Noir.
La mise en scène, donc, s'appuie sur les textes de Jehan-Rictus, Les Soliloques du Pauvre et Le coeur populaire.
Les pauvres, aussi, ont accès au crime passionnel :
(extrait)
-
- Pauvre Julien
- (Roman)
- — « Voilà comment qu’ c’est arrivé :
- c’est la vraie vérité sincère ;
- croyez-moi Mossieu l’ Commissaire,
- mais... esscusez, y m’ont crevé,
- laissez-moi m’ moucher, j’ suis plein d’ sang,
- r’gardez-moi c’ qu’y m’ont arrangé !
-
- Faut dir’ qu’ ça couvait d’pis longtemps,
- de d’pis l’ temps qu’on vivait ensemble,
- de fait, quasi marital’ment ;
- (chez nous on s’ marie qu’à la colle ;
- mais quand qu’on s’aim’, ça tient tout comme.)
-
- Enfin a m’ courait d’pis longtemps...
- Pourtant, pouvez vous renseigner,
- tout l’ mond’ vous l’ dira dans l’ quartier,
- j’ suis d’un naturel endurant.
- Moi, vous savez, j’ suis qu’un boulot,
- j’ connais qu’ mon travail dès l’ matin
- et si des fois j’ me soûl’ la gueule,
- c’est censément qu’ dans mon méquier
- on fait qu’avaler d’ la poussière
- (vous comprenez j’ suis mat’lassier,
- mais à part ça l’ cœur su’ la main)
- et pis.... a m’ faisait du chagrin.
- L’ matin, a restait au plumard
- pendant qu’ moi j’ partais au turbin
- (chez mon patron l’ marchand d’ lit’ries),
- et quand qu’à onze heur’s ej’ rentrais,
- le déjeuner n’était pas prêt !
- C’était moi qu’ allais aux provises
- et c’était moi qu’ étais d’ cuisine ;
- alle ’tait feugnante et dormeuse,
- vous parlez d’un coup d’ traversin !
- Eh ! ben malgré ça, j’ l’aimais bien.
21:17 Publié dans à lire/à voir, cultiver, dans ma p'tite ville, Un jour, un texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, théâtre, perrier, jehan-rictus
mercredi, 16 janvier 2008
Jetable
Dans ma p'tite ville y a pas mal de choses bien, et même plutôt sympathiques, entre le culturel et l'artistique, ou un mélange des deux, c'est un peu comme on veut. Enfin tout ça pour dire, quoiqu'on puisse en penser, il arrive que ça swingue.
Personne ne me l'a demandé, mais j'ai envie d'en parler. C'est en feuilletant le programme culturel du premier trimestre 2008 de cette "petite ville" que j'ai aperçu ce jeune artiste accompagné de son groupe, programmé un soir de janvier, une des dix sorties découpées et punaisées sur un grand tableau de liège posé, sur la cheminée (non fonctionnelle), presque juste en face de moi. J'ai vu l'adresse de son "myspace", j'suis allée faire un tour, d'ailleurs j'y suis encore là, et j'me passe les quelques chansons déposées là comme ça, en écoute, pendant que je surfe sur la longue liste de ses amis. Pour sûre elle est longue. Mais surtout, ce qui m'interpelle, chez ce jeune homme, c'est le nom de certains de ses amis : Jeff Buckley, The Beatles, Gainsbourg, j'en passe quelques-uns sinon c'est le concert qui se passera de moi. Certes, ce sont des pseudos. Mais voilà. Jeff. Paf. Ca fait mouche. Enfin non. Paf, c'est le bruit que fait la tapette sur la mouche. Mmmm. Je m'égare non ? En plus ce n'est pas vrai. C'est la musique qui m'a fait rester. Sinclair, dans quelques accords, Souchon, "entr'entendu", quelques autres inspirations, mais surtout la sienne, un souffle propre. Peut-être pas transcendant, mais peu importe. A 15 mn de chez moi, à pied, ça s'rait dommage de le louper. Pour sûr, à moins d'un sérieux empêchement, j'viendrai.
Julien Cocset à la Manufacture le samedi 26 janvier 2008 (pour l'heure, par contre, d'un côté marqué 20h, de l'autre 20h30, j'éclaircis l'affaire, j'vous tiens au courant)
10:30 Publié dans dans ma p'tite ville | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, musique, cocset
mardi, 01 janvier 2008
Vol dans le quartier !
VOL DANS LE QUARTIER

Une comédie écrite et mise en scène par Franck BERNARD
Un vol de lingerie a été commis chez Mlle Rosie, habitante de la cité des hirondelles. L’inspecteur Bouillon et l’agent Pointu mènent l’enquête. Des suspects « hauts en couleurs » sont convoqués au commissariat. Ils ont tous de bonnes raisons d’avoir commis ce vol : un jeune des banlieues, un marabout, un militaire, un baron, une prostituée… au total 13 suspects. Le suspens est intense… et le dénouement questionnant pour le spectateur…Avec par ordre d’apparition sur scène : Gilles Steenkiste, François Guisnet, Sylvie Ribeaucourt, Franck Bernard, Viviane Caron, et Valentine Bernard
A la régie : Isabelle Toth
Durée de la pièce : environ 1h20
Les échos dans la presse : Articles.doc, Articles2.doc
L'affiche au format A4 : Affiche_Grug-bern-Itan-Urv_envoi.doc
Contacts : Tél : 03-23-05-93-70 – Port : 06-79-02-04-03 -
email : compagnie-jeu-drole@aliceadsl.fr
21:10 Publié dans dans ma p'tite ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, théâtre, bernard, vol dans le quartier
mercredi, 28 novembre 2007
Monsieur André, Madame Annick

C’est la fête, le carnaval bat son plein, les géants sont attendus avec impatience par la foule. Seulement voilà, sous les festivités, à l’intérieur des appareils de portage, telle un squale dans un carnaval, la jeunesse aux dents de requin veut bouffer les anciens en dent de scie. Tandis que le vieux dégringole l'échelle de fatigue, la relève grimpe avec ardeur. Les âges, les générations se confrontent, se heurtent, l'un ne peut plus, l'autre ne sait pas encore, les deux hésitent, désespèrent, pendant ce temps-là le carnaval n'avance pas, la vie s'arrête et la société fait du sur place.
Les porteurs en ont plein les bras, les travailleurs plein le dos et les hauts placés plus rien dans le coeur. chacun sa croix, chacun ses bras.. Pas d'bras, pas d'emploi, à bout de souffle. "Porté mon avenir à bouts de bras", la vie ne tient plus qu'à un fil, la fille (oui, il y a une fille) ne tient qu'à la fête, tient tête au précaire et motive la troupe. Sauver les apparences, les dames d’abord, les états d’âme chez soi.
Perdre le fil, perdre l'esprit, perdre espoir. Coule le sang, la moelle, s’envole l'essentiel : le rêve.
00:10 Publié dans à lire/à voir, contes rendus, dans ma p'tite ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, théâtre, tartar, monsieur andré madame annick












