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samedi, 15 mars 2008

L'image innée (suite)

[...]

Je veux un endroit inconnu de tous, interdit à la tristesse, à tout ce qui blesse. Aucun objet contondant, aucun malentendu, aucun con malentendant.

Entre vous et moi, en toute confidence, je pense que c’est un coup de la providence. Soyons fous, oublions ce qui nous entoure, ce qui nous attache, ce qui nous angoisse. Perdons-nous quelques instants, le temps d’une éclipse, le long d’une ellipse. Faisons le tour de la Terre, sans la toucher, le système solaire est à nous, les planètes font place nette et nous permettent un écart de conduite, loin de leur orbite. Régler l’objectif sur la Lune, oublier d’atteindre les siens, se faire du bien. [...]

dimanche, 10 février 2008

Souvenir parisien

" Poinçonner son ticket, le jour commence à poindre,la vie pointe le bout de son fardeau, bateau ivre d'abus, jusqu'au havre du soir.
Paris le jour, Paris la nuit, brille quand on se met au lit, s'aigrit quand on en sort."

samedi, 08 septembre 2007

L'âme, aigrie, se ment

 

(extrait - 2005)

 

(sur un air d’Angel, extrait de Mezzanine, Massive Attack)

 

    On a du mal à dire écrivaine, pourtant elle a pas mal de cris qui lui restent dans les veines. Elle souffre autant que son homologue masculin, sa vie est autant maculée d’encre et vingt ans ne suffiront pas à sa main pour coucher tous ces mots sur le papier.. Encore faudrait-il qu’ils trouvent le sommeil, pour les coucher, encore faudrait-il avoir quelques histoires à leur raconter, pour les endormir, les hypnotiser, leur faire avouer leurs plus profonds secrets.. laissons le poing se délier et la pointe gratter le papier  laisser les virgules et les points faire la police, laissons la typographie mener l’interrogation ; attention au procès-verbal pour excès de paraphrase.. marquer un arrêt au point d’exclamation, donner explication pour éviter un retrait de deux points.. ne pas prendre de sans-interligne, au risque de piétiner..

 

    La mise en pieds reste l’apanage de l’élite, je nage parmi les vers, entre les litres, j’explore mon existence à cœur ouvert, opération délicate et sans anesthésie, je ne crains pas les paparazzi ni leur paperasse moisie avant d’être consommée, qui n’hésitent pas dans leurs torchons à trier le linge sale de nos célébrités.. il m’aurait fallu hériter d’une notoriété parentale, pour intéresser la presse à scandale, je ne suis que fille d’ouvrier et de mère au foyer, deux individus qui ont fait de leurs enfants les propres artisans de leur vie, sans les manœuvrer à mauvais escient, sans leur imposer aucun remord ni regret de ce qu’ils ont sacrifié.. pas de quoi faire la couverture glacée d’un magazine, quand on est passé par l’usine pour payer son loyer.. 

    [...]

lundi, 02 juillet 2007

Février 2005 - souvenir (fin)

- actuellement en emploi-jeune "animatrice multimédia", j'ai respiré un grand bol d'air froid, piquant, mais ô combien vivifiant, j'ai rouvert les yeux, et j'ai vu... je veux être lue, je veux qu'on sache ce que je pense, et comment je le pense.. oué... je veux écrire, je dois écrire, je dois tenter, même de façon très modeste, de rendre un petit hommage à ces grands auteurs qui m'ont fait voyager, qui m'ont permis de m'échapper de ce que je n'arrivais pas à vivre, qui m'ont presque fait croire que la réalité était dans les livres, que je n'étais pas faite pour celle qui m'attendait chaque matin, derrière ma porte..

J'ai encore tendance à croire que cette réalité n'est pas pour moi, que je ne peux y trouver ma place, alors pour ne pas paraître trop en décalage, j'écrirai, je laisserai une empreinte, ne serait-ce que pour dire "si si, j'étais là, y a rien à faire... vous ne vous débarrasserez pas de mon souvenir comme ça.."

Enfin voilà quoi....

Et toi alors... qui es-tu...?

dimanche, 01 juillet 2007

Février 2005 - souvenir (4)

- à la fac j'ai découvert tout ce qu'on est en droit de découvrir à 80 km de ses parents, livré à soi-même et aux mains d'étudiants en rut... je te passe les détails, les aléas, les brimades encore présentes, mais moins acerbes, ou moins cruelles, plus hypocrites.. bref.. 3 années pendant lesquelles j'ai parcouru en long en large et en travers les rayonnages de la bibliothèque universitaire, de la librairie Martelle, de toute pièce qui contenait des livres... je passais certaines soirées seule dans mon studio, accompagné d'une petite lampe, d'un verre de muscat, d'un bon livre et d'un fond musical.. je flirtais avec Epicure, j'apprenais à le connaître.. et ne cesse de lui rendre hommage dès que je le peux, depuis..

samedi, 30 juin 2007

Février 2005 - souvenir (3)

- il est vrai que pendant mes années collège j'ai redoublé de passion pour la littérature dite fantastique et ai passé nombre de mercredis après-midi à dévorer les rayons du secteur adulte de la bibliothèque municipale, Stephen King, Peter Straub, et j'en passe, dont Anne Rice.. tandis que mes chères camarades se promenaient en ville à tenter d'alpaguer le mâle boutonneux et pressé de goûter aux prémices d'une sexualité encore bien embrouillée.. Loin d'être asexuée, j'avais mon prince charmant, mais je ne correspondais pas à la belle au bois dormant... j'ai donc plongé corps et âme dans l'imaginaire, tenu pendant quelques années de "calvaire" un journal intime, à l'écriture encore imprécise, mais plutôt régulière... jusqu'à l'entrée au lycée, où je l'ai lâchement abandonné.. (je dois croire qu'il en fut largement soulagé d'ailleurs...)

vendredi, 29 juin 2007

Février 2005 - souvenir (2)

- donc oui en effet non seulement j'étais plutôt "ronde", ce qui reste flatteur, j'étais imposante plutôt dirais-je, grande, large, avec un surpoids, bref, un peu une allure de rugbyman à lunettes et cheveux longs, qui collectionnait les félicitations et les "on la pousse elle roule" de ses carmarades qui n'attendaient qu'une chose, que je me dévoue pour aller résoudre au tableau un problème de géométrie.. Ce qui me désespérait n'était pas le problème en lui-même, mais plutôt le fait que toute la classe aurait pour horizon un arrière-train que je m'évertuais à camoufler..eh oui, j'avais tout pour plaire, c'est clair... la seule matière qui me posait problème était, eh oui, les cours d'EPS...

mercredi, 27 juin 2007

Février 2005 - souvenir

C'est l'idéal pour commencer la journée, non je dirais même plus, c'est passage obligatoire pour déboucher les conduits auditifs, aiguiser les sens, et supporter les jérémiades diverses et variées de certains élèves à l'allure avariée..

Je me connecte sur Hotmail, et oh! que vois-je, un extrait de ma biographie.. je rectifie un peu le tir, sans me prendre pour une "pool", et me permets de préciser certains points..

Pour répondre à tes questions :

- je suis partie au ski avec trois personne de sexe masculin, ce qui n'a pas changé grand chose, au déroulement du séjour, si ce n'est des parties de belote endiablées, et une tartiflette disparue à peine posée sur la table.. il ne faut cependant pas oublier le petit resto bien sympathique "Le p'tit savoyard", ou un nom approchant.. orgie de fromages et jambons de pays, un vin "la Mondeuse", heureuse découverte, un café génépi pas piqué des hannetons, qui m'a fait voir des edelweiss sans bouger de ma chaise.. je te passe les matins qui trainent (j'ai encore pu constater à quel point la gente masculine doit souffir d'une maladie particulière qui l'empêche de se lever de son lit.. Flémingite aigüe, feignasserie évolutive, je ne sais..). Fort heureusement la neige nous a fait l'honneur et une sacrée faveur de se déverser avec ferveur les trois premiers jours, et donc même nous, pauvres retardaires (enfin on était en vacances aussi hein, pas dans un championnat..) pouvions à notre aise arpenter des pistes plus que fournies.. enfin quand on les voyait, à partir du troisième jour.. quand la neige s'est dit : "ah, tiens, j'crois qu'il y en a assez là.."....

à suivre

dimanche, 24 juin 2007

Parade matinale

"Les allées pleines, les haleines chargées, la condensation embuent les fenêtres des wagons, ça cache un peu le noir du béton entre chaque station. L’on ne voit plus que la masse grouillante, où chacun se débrouille pour respirer, qui entre, qui sort, qui se resserre, qui s’éparpille, mouvements incessants des corps qui s’entassent, des hommes qui s’envient, qui s’engouffrent dans les rames, sans vie.. c’est la parade matinale... "

lundi, 18 juin 2007

Enfin, les mots rouges

[...] Et les mots rouges, ces mots qui brûlent la peau comme le fer marque le troupeau, qu'on gardera pour soi au risque de le perdre à jamais... Ces mots, couleur de l'interdit, qu'on prononce tout bas à l'heure où tout s'éteint, ces mots qu'on vit plus qu'on ne les dit, qui dansent plus qu'on ne les pense, quand tout autour plus rien ne bouge. Pourquoi la Terre continue-t-elle de tourner, alors ? [...]

vendredi, 15 juin 2007

Ensuite viennent les mots bleus

[...] Il y a les mots bleus, qu'on dit tout près des cieux, à ce qu'on a de plus précieux. Les mots bleux, dont j'ai perçu l'écho jadis, que j'avais gardé sur mon corps, comme des indices, avant que leur traces ne s'affadissent. [...]

mardi, 12 juin 2007

Premièrement : les mots verts

[...] Il y avait les mots verts, encore trop acides pour mettre leur jus en bouteille, pas assez mûrs pour tomber au creux de mon oreille. Ceux-là même qui s'échappent alor sque le sommeil nous rattrape. Ces mots couleur des prés qu'on peut dire quand on est encore loin, herbe folle pas encore déracinée d'un amour déjà calciné. [...]

samedi, 09 juin 2007

Métro, boulot, déborde

[...] On s'est cognés à ces mots qui collaient jusqu'alors au palais, ces mots qu'on croyait trop laids et qu'on a fini par expulser. Pulsion, répulsion, on cherchait à libérer la haie qu'on avait de sio sur l'autre. Finis les draps de soie dans lesquels on batifolait. Adieu les feux follets dans ses yeux. Finis les cieux qu'on regardait tous les deux, au-delà des immeubles entassés, oubliant le Paris encrassé. On ne caressera plus les étoiles de la cathédrale, on ne déambulera plus dans les ruelles du Quartier Latin et ses fumets qui chatouillent les narines, ses baklavas dégoulinant sur les doigts. Les mains se desserrent, palpent le  vide qui s'est invité, et puis retombent, c'est la gravité. C'est grave, quand on n'a plus la moindre idée. [...]

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capté ici

dimanche, 03 juin 2007

Sous, venir...

Il est de ces êtres,

qui n’ont pas encore pu naître,

révéler vraiment ce qu’ils sont,

ce qu’ils ont depuis tant de saisons,

et ce sans raison apparente..

elle fait bonne figure,

garde tout pour elle,

regarde autour d’elle,

et ne s’y retrouve pas..

 

Il est de ces êtres

qui gardent  leur Chrysalide,

de peur de s’envoler trop haut,

que leurs ailes ne cristallisent,

et les rendent invalides sur terre.

 

 

Mais au rythme où ça va,

elle sera si légère

que même la gravité

ne pourra la retenir parmi nous..

 

 

 

mardi, 29 mai 2007

Soûle, Eve ment - extrait

[...] C’était beau, c’était immense, si court, si intense, plein de tendresse, insensé, deux jours entre parenthèses, synthèse du bonheur parfait, dont la durée n’excède pas 72 heures. Après son départ, l’euphorie, le cœur engourdi, la douleur présente, mais pas encore ressentie, lèvres encore scellées de tant de baisers, témoins d’une torture à frôler l’extase sans pouvoir la toucher, à ne pouvoir finir la phrase sans commettre une erreur de syntaxe, à ne pouvoir conclure autrement que par l’absence annoncée depuis si longtemps. [...]

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Lumière intense mais si brève...
capté ici