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samedi, 14 avril 2007

La confusion

C’est l’histoire, le temps d’une machine à sécher le linge, d’une situation
qui se dégrade
d’une robe rouge, d’une tringle et d’un triangle
D’un frère et d’une sœur qui ne sont ni frère ni sœur ni amis ni amants
ou tout cela à la fois
C’est l’histoire d’un beau-père qui porte un beau prénom.

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jeudi, 12 avril 2007

J'ai eu trente ans

Dors ma ville aux pluies d'automne
Odeurs de craie qu'enfant griffonne
Trottoirs mouillés
Les marronniers
Bonsoir

Dors, ma nuit au goût amer
De ces étés des bords de mer
Parents couchés
Rêves éveillés
Bonsoir

Tous mes souvenirs s'enfument
Aux trente bougies qui s'allument
Je soufflerai
J'arrêterai
Plus tard

Tous mes souvenirs s'écartent
Un peu semblables au jeu de cartes
Aux mains du joueur
Quand il n'y aura plus de donne
Même s'il y a maldonne

Au café des certitudes
Aux vieux flippers de l'habitude
Aux jeux gratuits
Des loteries
Bonsoir

À l'idole qui finit mal
Avec Blondie dans un journal
Maîtres à penser
Maîtres à chanter
Bonsoir

C'est le temps de plus d'excuse
Au vieil écolier qui s'amuse
Ce qui n'est pas
Ne sera pas
Plus tard

Dans l'emploi du temps qui reste
Y a plus de nuits, y a plus de siestes
Y a plus de cafard
Ceux qui regardent en arrière
Ne voient que de la poussière

Oh ! ma ville aux pluies d'automne
Un jour, si ton parfum m'étonne
Cheveux mouillés
Gorge serrée
Du soir

Promets-moi de faire silence
Avec mes souvenirs d'enfance
J'ai eu trente ans
Je suis content
Bonsoir

Maxime Leforestier

mercredi, 11 avril 2007

On

C’est un mardi vers quatre heures de l’après-midi

au mois de Février

dans une cuisine

il y a une bonne

qui vient d’être humiliée

Au fond d’elle-même

quelque chose qui était encore intact

vient d’être âbimé

saccagé

Quelque chose qui était encore vivant

et qui silencieusement riait

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lundi, 09 avril 2007

Guignol's Band I

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On est parti dans la vie avec les conseils des parents. Ils n'ont pas tenu devant l'existence.

On est tombé dans les salades qu'étaient plus affreuses l'une que l'autre. On est sorti comme on a pu de ces conflagrations funestes, plutôt de traviole, tout crabe baveux, à reculons, patte en moins. On s'est bien marré quelques fois, faut être juste, même dans la merde, mais toujours en proie d'inquiétudes que les vacheries recommenceraient...

Et toujours elles ont recommencé... Rappelons-nous!

Louis-Ferdinand Céline (Guignol's Band I Gallimard, 1951.)

dimanche, 08 avril 2007

La conversation amoureuse

medium_conversation.jpgEn tout cas, dit-elle, je suis contente d'avoir passé cette soirée avec vous. Il se mit à rire. On ne trouve jamais conplètement désagréable ou inintéressant quelqu'un à qui l'on plaît n'est ce pas ? Elle fit une moue de sourire et de réflexion.

Moi aussi je suis content murmura-t-il. Il avait retrouvé la voix d'alcôve. Pourquoi êtes-vous content ? dit elle, au comble du bonheur à cause de la voix. Pff, fit-il, ses mains expliquant qu'on n'en savait rien. C'est comme ça et nous n'y pouvons rien, dit-il. Elle se délectait de cette conversation à la fois sincère et tendancieuse. Est-ce que cela vous est souvent arrivé ? demanda-t-elle. Une affinité pareille ? dit-il en riant. Elle fit signe que c'était bien la question. Jamais, dit-il avec fermeté.

Alice Ferney (La conversation amoureuse, Actes sud, août 2000)

samedi, 07 avril 2007

Vainement

 medium_sixieme.2.jpg 

 

 

 

 

 

Un vieillard hurle à la mort
et traverse le square en poussant un cerceau
Il crie que c’est l’hiver et que tout est fini
que les carottes sont cuites et que les dés sont lâchés
et que la messe est dite et que les jeux sont faits
et que la pièce est jouée et le rideau tiré
Vainement
vainement

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jeudi, 05 avril 2007

Les Chants de Maldoror

J'ai fait un pacte avec la prostitution afin de semer le désordre dans les familles.   Je me rappelle la nuit qui précéda cette dangereuse liaison.   Je vis devant moi un tombeau.   J'entendis un ver luisant grand comme une maison, qui me dit : "Je vais t'éclairer.   Lis l'inscription.   Ce n'est pas de moi que vient cet ordre suprême."  Une vaste lumière couleur de sang, à l 'aspect de laquelle mes mâchoires claquèrent et mes bras tombèrent inertes, se répandit dans les airs jusqu'à l'horizon.   Je m'appuyai contre une muraille en ruine, car j'allais sombrer, et je lus : "Ci-gît un adolescent qui mourut poitrinaire : vous savez pourquoi. Ne priez pas pour lui."   

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mercredi, 04 avril 2007

Fragments d'un journal d'enfer

Quand je me pense, ma pensée se cherche dans l'éther d'un nouvel espace. Je suis dans la lune comme d'autres sont à leur balcon. Je participe à la gravitation planétaire dans les failles de mon esprit.

La vie va se faire, les événements se dérouler, les conflits spirituels se résoudre, et je n'y participerais pas. Je n'ai rien à attendre ni du côté physique ni du côté moral. Pour moi c'est la douleur perpétuelle et l'ombre, la nuit de l'âme, et je n'ai pas une voix pour crier.

Dilapidez vos richesses loin de ce corps insensible à qui aucune saison ni spirituelle ni sensuelle ne fait rien.

J'ai choisi le domaine de la douleur et de l'ombre comme d'autres celui du rayonnement et de l'entassement de la matière.

Je ne travaille pas dans l'étendue d'un domaine quelconque.

Je travaille dans l'unique durée.

                                            ANTONIN ARTAUD (extrait de "fragments d'un journal d'enfer".1926)

mardi, 03 avril 2007

Les yeux des pauvres

Ah! vous voulez savoir pourquoi je vous hais aujourd'hui.   II vous sera sans doute moins facile de le comprendre qu'à moi de vous l'expliquer; car vous êtes, je crois, le plus bel exemple d'imperméabilité féminine qui se puisse rencontrer.   

Nous avions passé ensemble une longue journée qui m'avait paru courte.    Nous nous étions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l'un et à l'autre, et que nos deux âmes désormais n'en feraient plus qu'une; - un rêve qui n'a rien d'original, après tout, si ce n'est que, rêvé par tous les hommes, il n'a été réalisé par aucun.

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lundi, 02 avril 2007

Seul avec tout le monde

la chair recouvre les os
et ils y mettent un cerveau et

parfois une âme,
et les femmes jettent
les vases contre les murs
et les hommes boivent beaucoup
trop

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dimanche, 01 avril 2007

La répudiation

Hôpital. Bégonias dans le jardin. Fenêtres ouvertes. Les infirmières à varices déambulent, se méfient des malades qui gloussent et des scorpions qui grouillent sous les lits. Elles ont peur, mais elles auraient mieux fait d'être apodes plutôt que d'énerver les patients avec le glissement furtif de leurs pas. A quoi rime ce va-et-vient doucereux ? L'agitation est d'autant plus vaine qu'elles ne craignent rien : au moindre incident, des hommes dissimulés derrière les portes interviendront et juguleront toute tentative de sédition.

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vendredi, 30 mars 2007

Lorsque et si

Lorsque l'on tremble encore à l'approche de l'autre,

Lorsque le doute encore est infiniment nôtre,
Lorsque les intuitions sont approximatives,
Lorsque devient l'humeur, pour un rien, agressive,
Lorsque la main est moite et le regard crétin,
Lorsque le tutoiement est encore incertain,
Lorsqu'on éclate en pleurs pour une peccadille,
C'est qu'on est amoureux, ma fille.

Si tu ne trembles plus, si tu n'as plus de doute,
Si ton humeur est droite ainsi qu'une autoroute,
Si galante est ta main
Et ton regard câlin,
Si tu en viens au tu sans tergiversation,
Si tu ne pleures plus avec obstination,
Si tu tires la langue à toute ta famille,
Tu seras un homme, ma fille.

Extrait du livre Rien n'est sûr  de Michel Deville

 

jeudi, 29 mars 2007

Butterflies And Hurricanes

change,
everything you are
and everything you were
your number has been called
fights, battles have begun
revenge will surely come
your hard times are ahead

best,
you've got to be the best
you've got to change the world
and you use this chance to be heard
your time is now

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mercredi, 28 mars 2007

Quatre murs et un toit

Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s'endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros oeuvre, ça sent le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

Le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon. On ajoute à l'étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l'automne. Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.

On pourra y faire un jour une cabane.

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mardi, 27 mars 2007

Lettre à Dédé - Robert Lamoureux

Qu’est ce qui se passe ? Dédé
qu'est ce que tu t'es fait ?
t'as buté du nez sur de grosses misères
sur toutes les saletés d'la vie
et t'as pris des chemins ou y a pas d'lumière
les chemins ou d'habitude on crève d'ennuis

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