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jeudi, 07 mars 2013

" - C'était le bruit de l'amertume qui s'écrase sur le bitume." ( Musset - 4ème jour)

littérature, livre, poésie, poème, musset, le rideau de ma voisine, goethe, amour"Il faut que ça s'arrête, tout ça. Ma vie ne tient plus qu'à quelques fils. Je déambule dans une vie qui n'est pas, qui n'est plus la mienne. Je suis une marionnette malmenée, dirigée par des forces occultes, je traverse machinalement le quotidien : lever à 4h30, départ à 5h15, arrivée à 5h45, j'enfile ma condition d'ouvrier, courbe l'échine jusqu'au plancher et ramasse jusqu'à 14h30 les miettes d'un labeur acharné. Je rentre chez moi vers 15h30-15h45, m'essuie les pieds au seuil de ma pauvreté, me lave rapidement, fais réchauffer vite fait les restes de la veille, écarte légèrement le rideau de la fenêtre qui donne sur la rue, à vrai dire la seule fenêtre de l'appartement, lui-même composé d'une seule pièce, et laisse filer le reste de la journée vers les fenêtre du deuxième étage de l'immeuble d'en face.

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mercredi, 06 mars 2013

Tu vas pas pleurer pour un dandy au RSA hyper-jaloux quand même ? (Musset - 3ème jour)

 

220px-Alfred_de_musset.jpgLaure était en plein désarroi..
Elle devait mettre fin à une histoire qui venait à peine de commencer..
C'est dommage, ça partait plutôt bien.

La première fois, au speed-dating, il lui avait fait bonne impression. Plus qu'une impression même. Comme toute jeune fille que sa maman aura mis en garde, elle s'était méfiée, les 30 premières secondes.. Puis elle est tombée sous le charme.

 

Certes, il n'était ni beau ni laid, ni grand ni petit. Il portait une carapace « rétro vintage » (ses copines auraient dit : « dandy au RSA ») derrière laquelle se dissimulait (à grand peine) une timidité tout à fait charmante (les mêmes copines auraient dit « puceau »). D'un physique assez frêle, il inspirait pourtant une irrésistible envie de se blottir contre lui. Car sa force résidait dans ses mots. C'est ce qui l'avait faite chavirer. Sa voix, comme un opéra du siècle dernier, l'avait envoûtée, elle en vibrait encore (ou alors c'est un SMS qui venait d'arriver).

 

Il était si galant (« faux-cul » ? dixit les mêmes copines) , elle se promenait fièrement à son bras, s'imaginant une autre époque, d'autres lieux, il parlait, parlait, elle écoutait, écoutait encore.. C'était un poète (« pouet-pouet la galette ouais»).

 

Elle lui présenta ses amies, il avait rougi (« oh il tire encore sur la bobinette, le p'tit chaperon ? »), elle lui présenta ses amis, il avait blanchi (« possessif, on te dit ! ).

 

Laure était du genre tactile (mais pas tablette) et généreusement formée. Mélange, qui, plus d'une fois auparavant, lui valut le prix de la mauvaise interprétation. Et Laure, qui dernièrement vouait une tendresse publique exclusive à son galant, retrouva sans arrière-pensée sa sociable gestuelle. Le dandy pensa (« ça pense, un mec ? », demandent les copines pseudo-réalistes) qu'au final sa mère avait raison (« toutes des gourgandines ! »), se leva, prit son veston, et partit, sans payer l'addition (« c'est pas la première fois, tu sais ! »). Laure, cherchant un sens à tout cela, n'en trouva pas, et se sentit perdue (« besoin d'un GPS, chérie ? » les bonnes âmes ne manquent pas, dans ces cas-là). Quelques jours sans nouvelles plus tard (« laisse tomber il en vaut pas la peine »), la concierge, inquiète (et surtout contrariée de voir la boîte aux lettres pleine à craquer) lui apporta son courrier.

 

Laure, minée (ce n'était pas lui..), referma la porte traîna sa mauvaise mine jusqu'au canapé, laissa tomber le paquet de publicités (mensongères, il va sans dire) duquel s'échappa, une enveloppe blanche, sur laquelle grondait une adresse manuscrite. Intriguée autant qu'elle pouvait l'être, elle l'ouvrit, et lut :

 

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mardi, 05 mars 2013

Le lundi dans l'caniveau, le mardi, dans l'frigo - ou l'art d'accomoder la cervelle un jour de semaine (Musset - 2ème jour)

littérature, livre, poésie, poème, musset, chanson de Fortunio, cervelle, fait divers, suicide- Bonjour M'dame Grimbert
- Bonjour M'dame Rochin
- Comment allons-nous aujourd'hui ?
- Oh bah moi ça va hein, c'est pas comme le p'tit jeune d'hier là..
- Oh la la, oui quelle histoire hein ! Y se s'rait suicidé d'après c'qu'on dit ?
- Oui oui, l'a sauté du quatrième, à cause d'une fille, apparemment.. Et selon M'dame Michaux, y s'est pas loupé, on a r'trouvé des bouts d'cervelle jusque dans l'caniveau..
- Quelle horreur. Si c'est pas malheureux d'perdre la tête comme ça, pour une amourette..
- C'est l'cas d'le dire oui... pour l'avoir perdue, il l'a perdue..
- Tnez r'gardez, tout un foin qu'ça fait, y a 'core des journalistes qui prennent des photos. Ça va pas louper qu'y vont encore m'interroger.. ça n'arrête pas depuis hier..
- Ah ça.. et tout ce monde, ça vous a pas trop perturbé l'affaire ?
- Bah ! C'est malheureux à dire, mais c'est bien vrai que l'malheur des uns fait l'bonheur des autres.. Je sais pas à quoi c'est dû, si c'est l'émotion ou bien, mais j'ai jamais eu autant d'monde, sauf à Noël et à Pâques.. Ou alors c'est d'voir autant d'sang, ça provoque peut-êt' des envies d'viande..
- P'têt'bien, oué, allez savoir, on nous trouve une raison à tout maint'nant, c'est bien simple..
- Enfin, pauv'garçon, si j'avais su qu'il était sensible à c'point..
- Z'y pouvez rien, M'dame Grimbert, personne savait, on l'connaissait que d'vue, l'était discret au possible.. Si y pouvaient tous êt'  comme ça, ceux d'son âge.. on dormirait mieux !
- Z'avez raison, M'dame Rochin, mais quand même.. Ah, c'est dommage..
- Ah , M'dame Rochin, M'dame Grimbert, r'gardez, y z'en parlent dans l'journal !
- Fait'don' voir ça M'dame Vignon !

Et nos trois curiosités, telles Les Trois Grâces penchées au-dessus du journal posé sur le comptoir de la caisse, lirent la courte histoire de notre jeune suicidé, ainsi qu'une partie de la lettre retrouvée dans la poche de son pantalon, retranscrite pour l'occasion :

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lundi, 04 mars 2013

"- Oh, regarde, il respire encore !" - le morbide, c'est sacré ! (Musset - 1er jour)

musset.jpg« - Quel homme ! Quelle conviction ! A vous convertir un athée!
- Vous aussi, Henri-Paul, il vous a subjugué ! Quelle homélie c'était !
- Vous avez eu raison d'insister, Marie-Bernadette, qui sait, dimanche, il eût été trop tard !
- Nous avons frôlé le pire, Henri-Paul, il n'est qu'à regarder autour..
- Tout à fait ! Violence, débauche, luxure, perversion placardées aux murs !
- C'est la faute aux médias, qui savent faire d'une misère des choux gras !
- L'on vend du malheur et du sang, surtout s'ils sont ceux d'indigents !
- Cour des Miracles à toute heure sous le feu des projecteurs..
- Oui.. Il me semble que l'abbé l'a ainsi formulé :

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samedi, 02 mars 2013

Rhapsodie d'un bohémien de dix-sept ans un samedi après-midi (Rimbaud - 6ème jour)

littérature,livre,poésie,poème,rimbaud,à la musique,sensation,roman,ma bohème l'étoile a pleuré rose- Ahhh, mais maman arrête de crier, steuplé, j'suis pas sourd...

- Je ne crie pas, j'te f'rais dire, et ne prends pas ce ton avec moi hein ! T'as vu l'heure ! On est au beau milieu de l'après-midi, papy et mamie sont repartis sans même t'avoir vu.. super l'esprit d'famille !

- Ohhh maman, dé-so-léééé, mais voilà, on est partis en soirée, on a pas vu l'temps passer,
« J'ai embrassé l'aube d'été
[...]
Au réveil il était midi
 »

- Midi ! Mais il est bientôt 16h là ! Te moque pas d'moi !

- Ohh, mais c'est bon, quoi, t'as jamais été jeune ?
« On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans,
[...]Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête... 
»

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vendredi, 01 mars 2013

A l'école de l'Ô, Rimbaud était écolo (Rimbaud - 5ème jour)

littérature,poésie,poème,rimbaud,soleil et chair,écologieIl y a différentes façons de parler d'écologie :

- La « révélation » : - Moi, vous savez, j'étais du genre à aller au plus beau, au bien calibré, au brillant, bien coloré. Une feuille de salade un peu abîmée et mon regard se détournait ! Si si ! Et jamais j'regardais l'pays d'origine, y a qu'le prix qui m'intéressait ! Faut dire, avec nos porte-monnaie, on est à la virgule près ! Et puis j'ai vu c'reportage à la télé... tous ces malheureux qui meurent de faim, quand on voit c'qu'on jette...y aurait qu'à produire moins, ça s'rait aussi bien non ? Mais c'est fini tout ça, croyez-moi : dès demain, j'achèt'rai moins, mais j'achèt'rai bien !

- Le constat « doux-amer » : - il faut bien l'dire, on veut pouvoir manger de tout tout le temps et au meilleur prix, sans savoir d'où ça vient, ni c'qu'il y a dedans ! Faut pas s'étonner, après, de tous les dérèglements ! A force de créer de nouvelles variétés, plus résistantes, plus présentables, c'est nous qu'allons finir modifiés !

La manière « ultra-féministe» : C'est ça que vous voulez laisser à vos enfants ? Une terre violée, aux entrailles sans cesse déchirées, ensemencée de force ?

Le « devoir de mémoire » : Savez-vous que les pesticides ne sont autre que des dérivés des armes chimiques mises au point pendant la première et la seconde guerre mondiale ?

Et puis il y a ceux qui savent, et nous racontent :

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jeudi, 28 février 2013

Rimbaud, le roi de la petite annonce ? (Rimbaud - 4ème jour)

coffre.jpg- Voilà, chéri, j'ai rédigé l'annonce pour le buffet, tu peux m'dire c'que t'en penses ? :
« Vends
buffet en chêne massif. Ferrures vieillies, avec effet rouillé Très bon état. »
- Ou comment faire du vieux avec du neuf
...
- Connaissant ton esprit très critique, j'en ai rédigé d'autres :
« Suite décès, temps limité pour vider appartement. Il y a notamment: Un grand buffet rustique + table à rallonge + 6 chaises »

- N'oublie pas de joindre le faire-part !
- Tsss, très drôle.. et celle-ci :
"buffet en 2 parties en bon état style ancien !!le meuble du bas 1m30L sur 52cm profond et 97cm de haut!! le meuble du haut 1m20 de haut et 38 cm profond et 1m25"
- Le meuble du parfait petit mathématicien super enthousiaste !!
- Ah oui, pardon, la prochaine fois je le ferai dépressif. Quatrième proposition :
"beau vaisselier en bois massif...peut être séparé haut et bas....1 grand tiroir.....2 portes et étagère dans buffet...peut aller dans tout type d intérieur (peut être peint,  éventuellement...)... vaisselle non comprise...."

- Tu sais le style télégraphique... ça s'fait plus trop hein... moi j'dis ça... j'dis rien...
- Toi, ne rien dire ?... Bon, cinquième et dernière proposition :
"buffet haut et bas ancien"
- Pour du concis, c'est du concis. Tu vends du rêve là, ma chérie..
mais pas le buffet !
- Ah monsieur veut du rêve, eh bien monsieur va le raconter lui-même son rêve ! Tout ça pour un buffet !
- Ah non ! C'n'est pas n'importe quel buffet ! C'est notre buffet ! Regarde :

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mercredi, 27 février 2013

Rimbaud voyageait dans un wagon rose (Rimbaud - 3ème jour)

littérature,poésie,rimbaud,livre,gare,rêvé pour l'hiver- Ah mais c'est un scandale !
- Quoi, 45mn de retard ! Mais...
- Vous avez de la chance vous, au moins vous avez une information !
- C'est la loi des séries ! Depuis 6h30 j'suis dans les transports, debout, collée à une vitre ou à un pervers...
- Vous allez voir ils vont rien rembourser, comme d'habitude ! Ah tiens, un contrôleur.. Monsieur ! Monsieur !..
- Mamannnnn ! J'ai faimmmmm !
- … c'est toi qui devais les prendre les billets !
- Non, pour aller à Bruxelles vous n'avez pas besoin de passer par...
- .. mais quand j'ai pris mon billet le départ était en zone bleue !
- Mamannnnnnnnnnnnn ! J'ai soiiiiiiiiiiiiiif !
….

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mardi, 26 février 2013

- Alleluia Marie-Bernadette ! D'ici là, prenons donc une liqueur ! (Rimbaud - 2ème jour)

rimbaud.jpg- Ah, regardez donc, Marie-Bernardette, encore un peuple en guerre, à feu et à sang..
- Que voulez-vous, Henri-Paul, le peuple n'est jamais content !
- Je suis d'accord avec vous, Marie-Bernadette, mais enfin, les pauvres enfants..
- Oui, je sais, Henri-Paul, c'est affligeant, c'est affligeant..
- Tous ces orphelins, qui n'y sont pour rien, victimes des idéaux de leurs parents...
- Au nom de quoi se battent-ils, présentement ?
- De la liberté, Marie-Bernadette ! N'est-ce pas déroutant de quérir la paix en s'écartant du Paradis ?
- Evidemment, très cher, évidemment ! Avons-nous pris une quelconque vie pour atteindre aujourd'hui ?
- Que non, ma chère, nul besoin de prendre les armes pour donner du charme à ses jours !
- Comme vous parlez bien Henri-Paul, votre âme de poète m'a toujours ébahie
- Vous me flattez Marie-Bernadette, vous me flattez ! Qu'y puis-je, vous m'inspirez alentour !
- Arrêtez, Henri-Paul, je vais rougir.. c'est péché !
- Allons, Marie-Bernadette, allons, il est bien loin d'être capital ! Ah ah ah !
- Oh Henri-Paul ! Hi hi hi ! Si l'abbé nous entendait...
- Il rirait aussi, Marie-Bernadette, il rirait aussi ! Ah ah ah ah !
- Rooo, ce n'est pas bien Henri-Paul, ce n'est pas bien..
- Soit ! Nous irons demain au presbytère nous confesser, et surtout prier pour ces païens !
- Oh oui, Henri-Paul ! Purifions nos âmes, élevons nos cœurs !
- Alleluia Marie-Bernadette ! D'ici là, prenons donc une liqueur !

Heureusement pour Marie-Bernadette et Henri-Paul ils n'entendirent pas la suite du journal télévisé :

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lundi, 25 février 2013

On nous trait comme des vaches à lait non pasteurisé ! (Rimbaud - 1er jour)

littérature,livre,poésie,rimbaud,les effarés,bio"- Vous vous rendez compte ! On nous dit pas tout, on nous ment on nous spolie, on nous trait, comme des vaches à lait, jusqu'au dernier centilitre ! On n'sait plus c'qu'on peut manger ! Pas plus tard que la semaine dernière, j'achète un camembert, bah v'là ti pas, vous m'croyez ou pas, qu'il était pu bon d'deux jours, ni une ni deux dans la poubelle sans les p'tits tours !

- Un scandale, comme vous dites ! T'nez moi c'était avec des légumes. Not' nouveau voisin y cultive un p'tit jardin, bio et tout l'tintouin là. Et y vient toquer à not' porte, avec sa cagette remplie d'tomates et d'salades pleines de terre. Mon Jean, ni trois ni quatre y lui balance : c'est bin bio tout ça, mais sans chimie y a du mildiou ! Si vous voyez c'que j'veux dire.. (l'est instruit mon Jean, pi l'est drôle aussi). Vous auriez vu la tête du voisin, l'est r'parti la cagette entre les mains, tout penaud, avec son bio. Il a raison mon Jean, on a pas envie d'attraper des maladies en mangeant des radis !

- Z'avez eu raison, c'est des coups à finir chez l'docteur ça, ou pire, et à s'gaver d'antibiotiques, ou d'génériques.. Vous avez entendu cette histoire, du... "

Et, toutes à leurs malheurs, elles passèrent devant, sans les voir,

 

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dimanche, 24 février 2013

"Dimanches de cons" ou "quand on pose un lapin à Verlaine" (Verlaine - bonus)

littérature, livre, poésie, verlaine, minuit,chairAllez, c'était trop beau ! Ça m'énerve ! Si j'l'intéressais pas du départ, l'avait qu'à l'dire, au lieu de me donner son numéro, après qu'j lui ai fait le mien. J'lui ai fait pitié oué, ça doit être ça. "Oh le pauv'garçon qui s'est donné du mal, on dirait qu'il a appris son texte par cœur, qu'il prépare ça depuis des semaines, comme un vieux rêve d'acteur jamais réalisé".  J'suis sûr que c'est un numéro bidon en plus... ma foi ça aura au moins fait rire quelqu'un... ou encore mieux, elle organise des « dimanches de cons », comme les dîners, sauf que là, y a que le con qui ronge son os... C'est bien la dernière fois que j'participe à c'genre de truc.. le speed-dating, c'est comme un CV, plus t'es original, moins tu plais...

Tu es là, assis à la table du café d'en face, sirotant ta rancoeur et sa mousse d'amertume, café où tu lui as donné rendez-vous, à la fin du message que tu lui as laissé, hier, sur son répondeur. Tu gribouilles quelques phrases, s'en t'en rendre compte, sur la nappe en papier, absorbé par l'échec présumé :

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samedi, 23 février 2013

Défilé speed-daté du règne ani-mâle (yeah..) (Verlaine - 6ème jour)

verlaine2.jpgTu n'y croyais pas, à ce genre de rencontres, ce sont tes amies qui t'ont convaincue : « 'toute façon, t'as rien à perdre, au pire on rigolera quand tu nous raconteras, au mieux on bavera quand tu nous l'présent'ras ».

Rasé, Robinson Crusoé, sobre, moins sobre, propre sur lui mais sale en dedans, cadre sup et moins que rien, ça défilait, sans intérêt, jusqu'à ce qu'il s'assoit, en face de toi. Physiquement, plutôt banal, il n'était ni ce que tu préfères, ni ce que tu détestes au sein du règne ani-mâle. Dans la rue il t'aurait laissé indifférente. Jusqu'à ce qu'il parle. Quand il a eu fini de se présenter, tu es restée silencieuse, secrètement interloquée. « cette femme inconnue et qu'il aime et qui l'aime et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même ni tout à fait une autre », tu t'es demandé, quand même, si c'était un homme à femmes, ou juste un homme affable. S'il pensait vraiment t'emmener dans son lit avec de sa pseudo-poésie. Ou si c'était juste une tentative désespérée de romantisme avant un autre genre de tentative.

Tu te cherchais des raisons de ne pas succomber, tu voulais te prouver que tu pouvais résister. Mais tu lui as donné ton numéro.

Et là, rentrant d'une journée potin-shopping au cours de laquelle tu ne livras qu'un vague « oh, non, rien d'bien palpitant » aux copines assoiffées d'amours naissantes, tu découvres un message sur ton répondeur :

 

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vendredi, 22 février 2013

Comment réussir son speed-dating, ou draguer à la Verlaine (Verlaine - 5ème jour)

littérature, livre, poésie, verlaine, mon rêve familier(Désolée mesdames, cet article est réservé aux hommes. Mais dites-vous que ça pourrait, tôt ou tard, vous profiter, qui sait..)

C'est vendredi, tu es célibataire (tu as raté ton speed-dating car tu n'étais pas astrologiquement compatible?) ce soir tu vas sortir, - non non non tu ne regarderas pas Splash, ni NCIS (10ème saison, quand même) -  café, resto, discothèque - ou peut-être vas-tu persévérer et speed-dater de nouveau?

Tu as tout essayé ou presque, le côté macho, l'âme chevaleresque, sobre, moins sobre, rasé, Robinson Crusöé, rien n'y fait. Avant de te résigner - tu as quand même lu "Les hommes viennent de Mars.."!- je te propose quelque chose. Tu prends le p'tit poème juste en-dessous, là, tu le lis plusieurs fois, à haute voix, de préférence. Tu le répètes jusqu'à ce qu'il n'ait plus l'air d'un poème. Tu n'hésites pas à le personnaliser un p'tit peu, pour qu'il gagne en naturel.

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.*

 

- Si tu rejoins des amis :
Lorsque l'un d'eux te demande :"Alors, quoi d'neuf?" tu lui réponds avec ce poème, en vérifiant qu'une jeune fille/femme ou deux passent à ce moment-là. N'hésite pas à intercaler quelques soupirs, à promener ton regard dans "le vague" jusqu'à ce qu'il "se perde" dans les yeux que tu auras déjà repérés.
- Si tu fais un speed-dating :
Pour te présenter, tu dis : "Bonsoir, je m'appelle Paul, j'ai 32 ans et Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant..." sauf si évidemment tu ne t'appelles pas Paul, et que tu n'as pas 32 ans. Mais ne digresse pas, s'il te plaît.
- Si, malgré mes conseils, tu restes chez toi pour regarder l'agent Gibbs faire un plat pour la 10ème fois, tu pourras toujours le réciter à ton chat.

*Si jamais tu tombes en face d'une littéraire, tu pourras toujours "l'impressionner" en lui donnant le titre du poème : Mon rêve familier et du recueil : Poèmes Saturniens (et, non, ne tente pas le jeu de mots "ça tourne hein" pour saturniens, car ce sont tes 7mn qui risquent de tourner court)

jeudi, 21 février 2013

Tu crois au marc de café (Verlaine - 4ème jour)

Elle lit l'horoscope dans les magazines ? Elle t'a demandé ton signe lors du speed-dating? Elle a des copines qui lui ont donné le nom d'une voyante "j'extr'hallucine"? Elle doute de tout, d'elle-même, de toi, de vous? Pas de panique, j'ai le poème qu'il te faut !

Tu crois au marc de café,
Aux présages, aux grands jeux :
Moi je ne crois qu'en tes grands yeux.

Tu crois aux contes de fées,
Aux jours néfastes, aux songes.
Moi je ne crois qu'en tes mensonges.

Tu crois en un vague Dieu,
En quelque saint spécial,
En tel Ave contre tel mal.

Je ne crois qu'aux heures bleues
Et roses que tu m'épanches
Dans la volupté des nuits blanches !

Et si profonde est ma foi
Envers tout ce que je crois
Que je ne vis plus que pour toi.

 

littérature, poésie, livre, verlaine, chansons pour elles, tu crois au marc de caféJe ne sais pas si tu as vu le titre du recueil, mais moi je dis, c'est d'la prédestination ça ! 

En plus, si ça marche (ou pas d'ailleurs), tu pourras lui (/te) lire le reste..

mercredi, 20 février 2013

L'amour en cellule ( Verlaine - 3ème jour)

Si jamais votre dulcinée (ou votre prince charmant) vous reproche de ne pas l'aimer assez, vous pourrez toujours lui raconter cette histoire :

A trop aimer (Rimbaud) on peut finir en prison.
Et derrière les barreaux revenir à la raison.
Y a pas d'époque pour le "crime" passionnel,
(mais à celle-ci, valait mieux qu'ce soit pour "elle").

Le dernier vers n'est pas obligatoire évidemment, et vous pouvez en changer. Sinon vous pouvez aussi lui dire que vous préférez l'aimer à proximité et gentiment que passionnément avec un droit de visite.

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