lundi, 03 septembre 2007

(Entre)croisements

c19ba1bb5d46549d83286c46e68ea6d4.jpgC'est un vol d'hirondelles qui passe au-dessus de nos têtes,

d68d18a42d85e7393e04aae5a87b2a57.jpgqui glisse dans la pluie comme elle glisse sur la peau.e35ce50c654aa151f6a38cb47ca475de.jpg

 

 

50b365ca06010bcdda4508000d86305c.jpgUn millier de pages ou un peu plus, effleurées par d'autres doigts, enlacées sur d'autres étagères...

 

 

5ad31bc4ae9cb9e827e8115926fe58b1.jpgComme si Eros dans un train chinois, nous récitait quelques Poèmes pour nous faire oublier que L'amour n'est pas aimé.90b7993e64da1fbb1ecf610d949e8b7b.jpg

 

Comme si L'Enchanteur, dans La chambre des morts, déclamait des Sonnets à Orphée, et cela Sans la miséricorde du Christ.

8fc62e5237dd1325ce08e84d50214c14.jpgTout n'est que folie, grandeur d'âme et décadence, passion, larme, et déchéance.

 

Alors, bien à part, l'air de rien, la poésie russe fait son Anthologie.b1a82b6ce525010f4acedafb112e6e39.jpg

lundi, 30 juillet 2007

Mon nom est rouge

Certains s'en sont allés dans l'ignorance la plus totale, d'autres déploient leurs pages et  nous effleurent l'âme...

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"Maintenant, je suis mon cadavre, un mort au fond d'un puits. J'ai depuis longtemps rendu mon dernier souffle, mon coeur depuis longtemps s'est arrêté de battre, mais, en dehors du salaud qui m'a tué, personne ne sait ce qui m'est arrivé. Mais lui, cette méprisable ordure, pour bien s'assurer qu'il m'avait achevé, il a guetté ma respiration, surveillé mes dernières palpitations, puis il m'a donné un coup de pied dans les côtes, et ensuite porté jusqu'à un puits, pour me précipiter par-dessus la margelle. Ma tête, déjà brisée à coups de pierre, s'est fracassée en tombant dans le puits ; mon visage et mon front,  mes joues se sont écrasés, effacés ; mes os se sont brisés, ma bouche s'est remplie de sang.
Voilà quatre jours que je ne suis pas rentré : ma femme, mes enfants sont en train de me chercher ; ma petite fille ne doit même plus avoir la force de pleurer, elle regarde vers la porte du jardin ; ils m'attendent tous, les yeux tournés du côté de la rue, de la porte.
Est-ce que vraiment ils m'attendent, je n'en sais trop rien. Si cela se trouve, ils se sont habitués. Comme c'est affreux ! Parce que, une fois qu'on est ici, on a le sentiment que la vie qu'on a laissée derrière soi continue de s'écouler comme elle le fait depuis toujours. Avant que je naisse s'étendaient derrière moi des temps infinis. Après ma mort, le temps s'étalera  à nouveau, sans fin et sans limites ! De mon vivant, je n'avais jamais pensé à ces choses : j'avançais dans la vie comme dans la lumière, entre deux zones d'ombre."

lundi, 16 juillet 2007

Rien à voir... tout à découvrir

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Les autres, c'est par ici

lundi, 02 juillet 2007

Satires, Epîtres, Art poétique

C'est au tour de Boileau de m'abandonner. Tout de suite, l'exagération. Abandonner. Il circule, il prend l'air, il aère ses pages, disperse ses satires un peu plus loin, c'est tout.
C'est beaucoup.
Monsieur Boileau, c'est à vous :

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D'un ton un peu plus haut, mais pourtant sans audace,
La plaintive élégie, en longs habits de deuil,
Sait, les cheveux épars, gémir sur un cercueil.
Elle peint des amants la joie et la tristesse ;
Flatte, menace, irrite, apaise une maîtresse.
Mais, pour bien exprimer ces caprices heureux,
C'est peu d'être poète, il faut être amoureux.

Extrait de Chant II.

dimanche, 01 juillet 2007

Paul Valéry, encore

05285e58fdbaaacd14923bf7646bb8a7.jpgMonsieur Valéry, vous avez la cote. Non seulement vous êtes un ange, mais vous avez la cote. Cette fois-ci, c'est votre recueil Poésies qui s'élance quelque part ailleurs en France. Mais comment faites-vous ?

 

 

 

VUE

Si la plage penche, si
L'ombre sur l'oeil s'use et pleure
Si l'azur est larme, ainsi
Au sel des dents pure affleure

La vierge fumée ou l'air
Que berce en soi puis expire
Vers l'eau debout d'une mer
Assoupie en son empire

Celle qui sans les ouïr
Si la lèvre au vent remue
Se joue à évanouir
Mille mots vains où se mue

Sous l'humide éclair de dents
Le très doux feu du dedans.

 

 

 

vendredi, 29 juin 2007

L'Ange - Paul Valéry

Je permets à quelques livres de voyager vers d'autres contrées. C'est un service que je rends à la formidable étagère qui m'accompagne depuis quelques années. Le dernier envolé contient ceci :

"Il essayait de se sourire : il se pleurait. Cette infidélité de son visage confondait son intelligence parfaite ; et cet air si particulier qu'il observait, une affection si accidentelle de ses traits, leur expression tellement inégale à l'universalité de sa connaissance limpide, en blessaient mystérieusement l'unité."

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Allez, Monsieur Valéry, porter vos mots en un autre foyer. Vous êtes un ange.