Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 29 janvier 2007

Mangez-moi

medium_mangez-moi.3.jpgForce des images, sens de la métaphore : " Il arrivait avec son camion bleu, un très joli bleu, entre dur et clair un bleu de quand on était petits"... et là, je le visualise, ce bleu, je me le représente très précisément. alors que celui de la narratrice est purement subjectif, je le vois quand même, comme si elle m'entraînait dans ses images, dans sa vision des choses...

Lire la suite

mardi, 23 janvier 2007

Mangez-moi (extrait)

medium_mangez-moi.2.jpg

Pour bien faire, il ne suffit pas de suivre la route, il faut à tout instant la bitumer du goudron onctueux de nos rêves et de nos espoirs, la tracer mentalement, en s'efforçant de prévoir les inévitables virages et les inégalités du terrain. Parfois, quand ça va bien, quand, par miracle, on a réussi à prendre un peu d'avance sur notre effroyable ouvrage d'art, on bénéficie d'un répit et là, c'est bon, tout roue. On est prêt à croire que le plus dur est fait, qu'à partir de ce moment, tout ira bien. On est si naïf, on a la mémoire si courte qu'on ne se rappelle pas que le terrain qui nous accueille est l'oeuvre de nos mains et de notre cerveau si prompt à imaginer n'importe quoi. On se la coule douce jusqu'au trou d'après sur lequel on se penche, consterné. Je n'ai plus la force, se dit-on, et je mérite mieux que ça, il serait temps que quelqu'un m'aide, il serait temps qu'une main guide la mienne. Autour de nous une armée de bras ballants. Tout le monde est fatigué. Notre mari, notre femme, nos amis, tout le monde en a marre au même moment, et c'est alors que vient - mais seulement si l'on est très chanceux, seulement si l'on n'a pas peur ou que l'on est suffisamment fou pour mordre à l'hameçon furtif - c'est alors que vient l'amour. Et là, ce n'est plus du macadam qu'on jette sur le nénant, c'est un pont suspendu qui ouvre la voie jusqu'à l'infini."

dimanche, 21 janvier 2007

Mise en bouche (Mangez-moi - 1)

medium_mangez-moi.jpgMmmmmm... rien que la couverture, ces oranges sur fond noir, avec quelques grains de raisin, ces fruits qui occultent presque la moitié du visage en arrière-plan, rien que ces fruits, sous ce titre provocateur, me donnent envie de toucher ce livre, de le caresser, de le prendre en main comme on prend un quartier d'orange en bouche.. On s'attend à l'explosion de la chair, le jus qui éclate sur la langue, contre les dents, cette saveur sucrée qui emplit la bouche.. Cette couleur orange, vive et douce à la fois, qui brave l'interdit du noir, derrière.. ce noir qui semble derrière, alors qu'il est au même plan. On sent la peau du grain de raisin qui se fendille, qui craque, sous nos dents, cette chair pulpeuse qui s'étale, qui se glisse dans les moindres interstices, avant d'aller nous caresser l'oesophage.

Et cet oeil, qui nous fixe, cette bouche, qui reste fermée. Comme par défi.. Oserez-vous toucher à ces fruits ? Oserez-vous ouvrir la bouche en même temps que le livre ?