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vendredi, 14 mars 2008

Voilà - Le bouc aux enfants

C'est fait. Le Printemps des poètes, une réussite. De belles rencontres, découvertes, émotions. Incroyable.

J'ai lu du Jean Richepin à voix haute. Il y en avait pour tous les publics.
Entre autres j'ai lu celui-ci :

Sous bois, dans le pré vert dont il a brouté l'herbe,
Un grand bouc est couché, pacifique et superbe.
De ses cornes en pointe, aux noeuds superposés,
La base est forte et large et les bouts sont usés ;
Car le combat jadis était son habitude.
Le poil, soyeux à l'oeil, mais au toucher plus rude,
Noir tout le long du dos, blanc au ventre, à flots fins
Couvre sans les cacher les deux flancs amaigris.
Et les genoux calleux et la jambe tortue,
La croupe en pente abrupte et l'échine pointue,
La barbe raide et blanche et les grands cils des yeux
Et le nez long, font voir que ce bouc est très vieux.
Aussi, connaissant bien que la vieillesse est douce,
Deux petits mendiants s'approchent, sur la mousse,
Du dormeur qui, l'oeil clos, semble ne pas les voir.
Des cornes doucement ils touchent le bout noir.
Puis, bientôt enhardis et certains qu'il sommeille,
Ils lui tirent la barbe en riant. Lui, s'éveille,
Se dresse lentement sur ses jarrets noueux,
Et les regarde rire, et rit presque avec eux.
De feuilles et de fleurs ornant sa tête blanche,
Ils lui mettent un mors taillé dans une branche,
Et chassent devant eux à grands coups de rameau
Le vénérable chef des chèvres du hameau.
Avec les sarments verts d'une vigne sauvage
Ils ajustent au mors des rênes de feuillage.
Puis, non contents, malgré les pointes de ses os,
Ils montent tous les deux à cheval sur son dos,
Et se tiennent aux poils, et de leurs jambes nues
Font sonner les talons sur ses côtes velues.
On entend dans le bois, de plus en plus lointains,
Les voix, les cris peureux, les rires argentins ;
Et l'on voit, quand ils vont passer sous une branche,
Vers la tête du bouc leur tête qui se penche,
Tandis que sous leurs coups et sans presser son pas
Lui va tout doucement pour qu'ils ne tombent pas.

Dans La chanson des gueux

J'ai lu ce poème à des enfants âgés de 6 à 10 ans. Ca leur a autant plu que du La Fontaine. Eh oui, La Fontaine est picard.

mardi, 11 mars 2008

Et l'été, y a quoi ?

Plus le jour J approche (après-demain), plus la pression monte (professionnelle du livre oblige), plus je me dis, "et après le Printemps des poètes, y a quoi ?" Bien évidemment, ce n'est qu'une grammaire de pensée que j'utilise, en temps ordinaire j'aurais dit " qu'y a-t-il ?", un bon français bien d'chez nous. Enfin, de chez nous, pas de chez nous les Picards, (merci le grand écran), mais de chez nous, la France. Une grammaire littéraire, qui pourrait passer pour soutenue quelquefois.

Cela ne répond pas pour autant à la question. Depuis des semaines le printemps se prépare, mis à l'honneur au mois de mars il culmine le 13 mars, journée remplie d'un marathon lecture, en voiture, avec étapes, et retour au "bercail", jusqu'à minuit. Tout ça accompagné de poésie de Picardie (et pas forcément patoisante ou ch'ti). Des poètes picards. Que j'ai eu un plaisir fou à découvrir, redécouvrir (La Fontaine, ça vous dit quelque chose...). Mots pleins du vide qu'ils ont laissé après nous avoir quittés... Une entreprise certes ambitieuse, source de stress, mais (je prends du recul avec un peu d'avance), ô combien enrichissante, tant par la poésie, que par ceux qui vont la dire, ceux qui vont l'écouter, ceux qui la donnent et ceux qui la reçoivent. Au final, on la reçoit tous, la poésie est un don.

Mais après.. En été, on fait quoi ? On feuillette un roman à l'eau de rose sur la plage en train de roussir ? On ramène ses livres à la bibliothèque plein de sable dans la couverture et les pages tachées de crème solaire ? On essuie juste la sueur et on range ?

C'est bien beau de faire un Printemps des poètes... Et les saisons qui restent ? On fait l'impasse ? C'est un cul-d'sac ? Il n'y a que Vivaldi qui a le droit de toutes les toucher ? Mince alors....

Amis lecteurs, auteurs, nouvellistes, romanciers, et les autres.. Ne laissons pas l'été sans poésie, ne laissons pas la poésie sans été, elle risque de pourrir à même les branches et tomber à l'automne sans avoir bénéficié d'un seul regard...

(non, tout ceci n'a rien à voir avec une quelconque campagne)

dimanche, 09 mars 2008

Essais de voix malgré le vent

Il faut quelquefois pousser les passants, s'extraire
de la foule, de la rumeur du monde, sans bien savoir
s'il y a mieux à faire vraiment que plonger ici-bas,
s'indigner, s'en tenir au journal, à la bataille utile
après tout contre les mots mis à l'envers,
ou le glaive aberrant : ces larmes
du moins sont vraies, et ne suffisent
pourtant pas. On va glanant
d'autres chagrins plus haut que les pavés, plus loin
que la pauvre terre à notre hauteur. On cherche
d'autres drames dans le jour jaune, on ne sait trop
quelle énigme dans du cristal : si le ciel pleure,
ce que cachent sous leur voilage les tentures des nuées.
Malgré tout ce qu'on peut en dire,
le refus répété du mystère, le clair déni,
maintenant ne suffit pas, la chair humaine semble
le cadre de la lyre - les cordes sont là-bas.

(extrait d'"Essais de voix malgré le vent", Olivier Barbarant)

vendredi, 07 mars 2008

L'autre, altérable comme nous...

L'Autre, altérable comme nous,
secret, habité d'entrailles et de souvenirs,
serre notre main dans sa main chaude,
et quelque chose vous unit soudain:
certitude de vivre ensemble
dans le même mince repli du temps
sur le même point de notre planète.

Une force à deux. Peut-être une tendresse.

Quelquefois le plaisir
qu'un arbre sente bon,
et qu'une parole commune
puisse le dire.

Marie-Claire Bancquart

mercredi, 05 mars 2008

Toujours l'autre

L'autre, toujours l'autre,
comme une roche, tenant à peine sur le bord de la route,
comme un porche trahi par la lumière.

Dans ses gestes, ses pas, ses silences.

Dans les paroles échangées,
l'autre,
comme une mémoire qui vous revient,
comme une fenêtre que l'on ne sait plus ouvrir dans sa propre maison.

L'autre qui maçonne ma voix, se lève dans mon enfance,
ressurgit, gisant réveillé.

Je le vois couché dans l'avenir, attentif dans l'éveil,
crépusculaire dans toute ouverture,
l'autre, avec ses feux qui rayonnent dans l'obscur,
avec ses éclats qui se dressent et révèlent l'abîme.

Martial Teboul

lundi, 03 mars 2008

Le grand jour du poème à l'autre

Opération nationale : « Le grand jour du poème à l'autre »
vendredi 7 mars
 


Chez vous, au travail, à l'école,
dans la rue…
offrez un poème,
échangez vos poèmes,
postez un poème,
glissez un poème sous la porte,
ceci ou cela mais
donnez un poème à l'autre !

Avec tous les partenaires du Printemps des Poètes :
> Dans les guichets de la Poste et les boîtes aux lettres
Trois millions de cartes postales seront diffusées par les postiers

> Dans les gares SNCF

Large diffusion de poèmes dans les grandes gares et aux abords

> Dans les parkings Vinci Park
250 parkings en France, au Luxembourg et en Suisse seront habillés de poèmes

> Dans les hôpitaux
Les clowns du Rire Médecin chanteront, diront, chuchoteront la poésie à l'hôpital, dans des petites alcôves préparées pour le Printemps des Poètes. Sous un parapluie habillé de tulles, les clowns joueront aussi avec les sons, les paroles des poètes, les écrits que les enfants pourront leur offrir pendant ces deux semaines. Parce qu'il est plus facile de soigner un enfant heureux, les 56 clowns de l'association apportent humour, rêve et poésie dans 12 hôpitaux et 28 services de pédiatrie.

> Dans les CCAS
Les Caisses Centrales d'Activités Sociales organisent pour le personnel des industries électriques et gazières Le Printemps des Poètes grâce à la diffusion du matériel de communication (affiches, cartes poèmes,…) sur tout le territoire français.

> Dans les Fnac
Diffusion sonore de poèmes à l'ouverture et à la fermeture des magasins, mise en valeur de livres de poésie et organisation de rencontres-lectures dans les espaces Forum.

> Dans les journaux Direct Soir et l'Humanité
Diffusion de poèmes dans les pages de l'Humanité, actions spécifiques de Direct Soir qui impliquera ses colporteurs dans l'opération.

> Sur les ondes de France Culture, RFI, RFO

Les poètes, artistes et les présentateurs liront des poèmes sur les antennes

> Et aussi dans les écoles, les entreprises et pourquoi pas en famille !

 

Allez donc voir

dimanche, 02 mars 2008

Succession des premières fois

succession des premières fois
heures enliées de la matière et du jour

la lumière froisse

en sonder les courants
l'iimprévisible réversibilité du devenir

procède par tuilage
et répétition

états des lieux états du dire

minutes du tracé

méditation

projet

C'est quoi pour vous....

La poésie..

Je rejoins les Equipières qui ont posé la même question sur leur blog.
N'étant pas "over-bloguienne", je ne puis me joindre à leur communauté bien sympathique. Eh oui, le racisme existe aussi entre plateformes. :)
Je pose donc la question également ici.

C'est quoi, pour vous, la poésie ?

Sinon, pour moi, la poésie, c'est.... un rayon de soleil qui tombe sur une feuille dont la branche est balancée par le vent.

vendredi, 09 mars 2007

Printemps des conteurs

medium_printemps_conteurs_150.jpgEhhh oui, il s'en passe des choses dans mon coin, et au niveau départemental s'il vous plaît !

Du 16 mars au 6 avril, les grands (le conte n'est pas réservé au petit dernier à l'heure du coucher), et les moins grands, sont invités à venir écouter 7 contes différents, à travers tout le département axonais (pour les incultes, il s'agit de l'Aisne, le truc en forme de grappe de raisin, en haut, tout là haut, sur la carte de France...)

 

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lundi, 05 mars 2007

Printemps des poètes

medium_afficheweb.jpgEh oui, les poètes prennent un peu d'avance sur les bourgeons (quoique, avec les dérèglements climatiques rien n'est moins sûr aujourd'hui) pour éclore de leurs sève sur le papier et nous livrer leurs plus belles rimes.

Un rendez-vous incontournable donc, le site, aux multiples ramifications, arbre gigantesque aux racines bien ancrées dans le sol...

Mes rubriques préférées : retrouvailles et passeurs de poèmes