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samedi, 07 juin 2014

Prie, zonier

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Oubliée, jetée Sous les algues du Nordeste bruyant
Où tout le monde prie, pense et parle en même temps
Syngué sabour, pierre de patience, se corrode lentement.

mercredi, 18 février 2009

Syngué Sabour - Pierre de patience

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Le souffle se pose, s'impose, impose le rythme à l'écriture, au temps qui passe, à la vie qui continue. Vie qui semble le survoler, se concentrer dans ce souffle, qui est le souffle.
Elle compte, compte les souffles, les grains du chapelet. Elle répète, les 99 noms du Dieu qu'elle prie depuis des semaines, inlassablement, proche de l'incantation, parfois.  Elle prie.

 Elle va, vient, vérifie le souffle, toujours, le stilligoutte, déversant dans les veines de l'homme une solution sucrée-salée. Deux gouttes de collyre, dans chaque oeil. Est-il encore vivant, à quoi pense-t-il, l'entend-il ? Seul ses organes vitaux semblent fonctionner, coeur, poumons, une part de son cerveau. Abandonné à ses seuls soins, à elle. Et elle, abandonnée de tous, ou presque.

Elle patiente, puis s'impatiente. Se met en colère, hurle, pleure, s'en va, revient, sans cesse. Elle. La femme.

La guerre en fond sonore, à peine visuelle, incarnée dans quelques corps, avec ou sans vie. Les tirs, dans la rue, entre deux souffles. Et le silence, plus pesant que la violence extérieure, que la mort elle-même.

Peu à peu ses mots à elle prennent le dessus sur son souffle à lui. Peu à peu la colère, les doutes, cèdent leur place à l'intime, à la confession. Prudente, au début. Et face au souffle impassible, au regard fixé au plafond, elle se livre, toute entière, se délivre, de ces années passées à ses côtés, à lui. Ou plutôt dans son absence. Dans son ombre. Sous sa coupe, celle de sa famille, à lui. Et un peu de la sienne, à elle, aussi.

Comme si son état léthargique, sa compagnie "forcée" était, pour elle, un début de salut. Sa pierre de patience, à elle, sa syngué sabour.  Elle se livre, se délivre, puise au plus profond d'elle ses plus douloureux secrets.  Les tabous finissent par disparaître, et c'est une femme nue, à nu, qui se révèle. Libérée. Et cependant, dépendante de cette relation, nouvelle. Un secret en entraîne un autre. Jusqu'à ce que..

 Note : 10/10