vendredi, 05 septembre 2008
Très doucement, plus doucement encore
Très doucement, plus doucement encore,
Berce ma tête entre tes bras,
Mon front fiévreux et mes yeux las ;
Très doucement, plus doucement encore.
Baise mes lèvres, et dis-moi
Ces mots plus doux à chaque aurore,
Quand me les dit ta voix,
Et que tu t'es donnée, et que je t'aime encore.
[...]
Emile Verhaeren, extrait de Les heures d'après-midi.
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mardi, 02 septembre 2008
Au bord du quai
Et qu'importe d'où sont venus ceux qui s'en vont,
S'ils entendent toujours un cri profond
Au carrefour des doutes !
Mon corps est lourd, mon corps est las,
Je veux rester, je ne peux pas ;
L'âpre univers est un tissu de routes
Tramé de vent et de lumière ;
Mieux vaut partir, sans aboutir,
Que de s'asseoir, même vainqueur, le soir,
Devant son oeuvre coutumière,
Avec, en son coeur morne, une vie
Qui cesse de bondir au-delà de la vie.
Emile Verhaeren, extrait de Les visages de la vie
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jeudi, 08 mars 2007
La mort
Avec ses larges corbillards
Ornés de plumes majuscules,
Par les matins, dans les brouillards,
La mort circule.
Parée et noire et opulente,
Tambours voilés, musiques lentes,
Avec ses larges corbillards,
Flanqués de quatre lampadaires,
La Mort s'étale et s'exagère.
16:10 Publié dans Un jour, un texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, verhaeren
mardi, 13 février 2007
Sitôt que nos bouches se touchent
Sitôt que nos bouches se touchent,
Nous nous sentons tant plus clairs de nous-mêmes
Que l'on dirait des Dieux qui s'aiment
Et qui s'unissent en nous-mêmes ;
Nous nous sentons le coeur si divinement frais
Et si renouvelé par leur lumière
Première
Que l'univers, sous leur clarté, nous apparaît.
20:56 Publié dans Un jour, un texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, verhaeren
jeudi, 08 février 2007
La ville
(Extrait)
C' est la ville tentaculaire.
La rue-et ses remous comme des câbles
noués autour des monuments-
fuit et revient en longs enlacements ;
et ses foules inextricables
les mains folles, les pas fiévreux,
la haine aux yeux,
happent des dents le temps qui les devance.
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