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dimanche, 24 février 2013

"Dimanches de cons" ou "quand on pose un lapin à Verlaine" (Verlaine - bonus)

littérature, livre, poésie, verlaine, minuit,chairAllez, c'était trop beau ! Ça m'énerve ! Si j'l'intéressais pas du départ, l'avait qu'à l'dire, au lieu de me donner son numéro, après qu'j lui ai fait le mien. J'lui ai fait pitié oué, ça doit être ça. "Oh le pauv'garçon qui s'est donné du mal, on dirait qu'il a appris son texte par cœur, qu'il prépare ça depuis des semaines, comme un vieux rêve d'acteur jamais réalisé".  J'suis sûr que c'est un numéro bidon en plus... ma foi ça aura au moins fait rire quelqu'un... ou encore mieux, elle organise des « dimanches de cons », comme les dîners, sauf que là, y a que le con qui ronge son os... C'est bien la dernière fois que j'participe à c'genre de truc.. le speed-dating, c'est comme un CV, plus t'es original, moins tu plais...

Tu es là, assis à la table du café d'en face, sirotant ta rancoeur et sa mousse d'amertume, café où tu lui as donné rendez-vous, à la fin du message que tu lui as laissé, hier, sur son répondeur. Tu gribouilles quelques phrases, s'en t'en rendre compte, sur la nappe en papier, absorbé par l'échec présumé :

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vendredi, 22 février 2013

Un rêve d'Armageddon

un rêve d'armageddon.jpg

"Il y a environ trois mois, par un soir de confidences, Lionel Wallace me raconta l'histoire de la porte dans le mur, et je pensai alors que l'aventure était vraie, en ce qui le concernait tout au moins.
Il y mit une simplicité si convaincante que je ne pus faire autrement que de le croire."

Nouvelles extraites du recueil Au pays des aveugles, oscillant entre le merveilleux et le fantastique, on y découvre (du moins pour ma part) un Wells poète, qui fait parler deux hommes de l''amour, du bonheur : « la porte qui menait à la paix, au bonheur, à la beauté qui dépasse tous les rêves, à la bonté que nul ne connaît sur terre »,« J'étais venu là avec elle, dans cette cité ensoleillée du plaisir, et j'avais laissé tous mes biens à l'abandon et à la ruine, pour sauver au moins le reste de ma vie. Dès que je l'aimai, avant de savoir si elle se souciait de moi, avant de savoir si elle oserait m'aimer, dès que je l'aimai, tout me parut vain et vide, poussière et cendres... toute mon existence n'était que poussière et cendres. »

Ils nous parlent aussi de pouvoir, d'ambition, d'orgueil, de tout ce qui détruit les corps et les âmes, de tout ce qui conduit à la perte de l'humanité. Si jamais cette porte se présente de nouveau à ma vue, avais-je juré, j'entrerai, secouant, sur le seuil, la poussière et l'accablement de cette vie, renonçant au vain mirage de nos vanités, à toutes nos épuisantes futilités. J'entrerai pour n'en plus sortir... » (La porte dans le mur) «Nous ne sommes que fantômes, et fantômes de fantômes, désirs semblables à des ombres de nuages et à des brins de paille qui tourbillonnent dans le vent! Les jours passent, l'habitude et l'usage nous emportent, comme un train emporte la trace passagère que ses lumières projettent sur l'ombre. » (Un rêve d'Armageddon)

Les deux hommes narrent avec tant de détails, de conviction, de sincérité leur histoire, qu'il est presque impossible de n'y pas croire.

Et l'on se prend à faire un rêve, celui de refermer, une fois entrés, cette porte verte à tout jamais.

 

(Oserais-je mentionner La Vénus d'Ille, Le Horla ?)

 

jeudi, 21 février 2013

Tu crois au marc de café (Verlaine - 4ème jour)

Elle lit l'horoscope dans les magazines ? Elle t'a demandé ton signe lors du speed-dating? Elle a des copines qui lui ont donné le nom d'une voyante "j'extr'hallucine"? Elle doute de tout, d'elle-même, de toi, de vous? Pas de panique, j'ai le poème qu'il te faut !

Tu crois au marc de café,
Aux présages, aux grands jeux :
Moi je ne crois qu'en tes grands yeux.

Tu crois aux contes de fées,
Aux jours néfastes, aux songes.
Moi je ne crois qu'en tes mensonges.

Tu crois en un vague Dieu,
En quelque saint spécial,
En tel Ave contre tel mal.

Je ne crois qu'aux heures bleues
Et roses que tu m'épanches
Dans la volupté des nuits blanches !

Et si profonde est ma foi
Envers tout ce que je crois
Que je ne vis plus que pour toi.

 

littérature, poésie, livre, verlaine, chansons pour elles, tu crois au marc de caféJe ne sais pas si tu as vu le titre du recueil, mais moi je dis, c'est d'la prédestination ça ! 

En plus, si ça marche (ou pas d'ailleurs), tu pourras lui (/te) lire le reste..

lundi, 18 février 2013

Une partie mixte à trois

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Une partie de golf permet d'apprendre bien des choses, à celui qui joue, à celui qui observe celui qui joue.

Une partie de golf, ça peut vous faire perdre votre fiancée, vous assurer du soutien de votre femme, vous lier à une princesse.

Une partie de golf, ça peut vous donner la fièvre, révéler votre vraie nature, vous convertir à une autre religion.

Wodehouse manie l'art du conte à l'anglaise, avec un humour flegmatique à l'épreuve des plus sceptiques, de ceux qui considèrent encore le golf comme un passe-temps de luxe, un loisir de riches. Alors qu'en fait, le golf est un sport, un art, que dis-je, une philosophie !

Mais attention, « car, comme la rougeole, il faut attraper le golf quand on est encore jeune ; s'il est reporté à un âge plus mûr, les risques peuvent être graves » "la nature avait l'intention que nous devenions tous des golfeurs. Le germe du golf est implanté dans chaque être humain à la naissance, et sa répression le fait grandir, grandir - pendant quarante, cinquante, soixante ans - jusqu'à ce qu'il rompe les liens et balaie sa victime comme un raz-de-marée."

A l'inverse, la moindre contrariété extérieure peut vous faire louper un superbe coup : "ne me laisse pas tomber, Betty [...] Tu me rendrais tellement malheureux. Et quand j'ai du chagrin, je slice toujours mes coups d'approche". Sans parler d'un caddie croquant une pomme, ou même simplement le bruit du vent.

Et puis, tout bon adorateur du grand Gaulf sait que le choix d'un club est bien plus important que celui d'une épouse. Même si celle-ci vous lit des extraits des Pensées de Marc-Aurèle revisitées pour vous détendre pendant un parcours décisif pour votre carrière.

Enfin, avant de pouvoir répondre à la question "Ca marche?" par "Merveilleusement, je viens de faire trois putts parfaits sur le dernier green", sachez qu'il vous faudra apprendre à faire la distinction entre un bois, un brassie, un cleek, un driver, un fer et j'en passe et des meilleurs.

Et là, seulement là, vous pourrez dire : la vie est un long rough tranquille"

Bogey (note) : 8-1/10

samedi, 16 février 2013

L'horreur de Dunwich

livre, littérature, roman, science-fiction, lovecraft, l'horreur de dunwich

 

A Dunwich, il y a ce qu'on voit : des maisons très dispersées présentant un aspect étonnamment uniforme de vieillesse, de misère et de délabrement. Des champs cultivés singulièrement rares et improductifs. Indigènes d'une débilité répugnante, forment une race à part, portant les stigmates physiques et mentaux caractérisés de la dégénérescence et des unions entre consanguins

Et ce qu'on ne distingue pas : "Personne ne peut dire au juste ce qui ne va pas". "Quelque chose de singulier, d'indéfinissable, une présence vague". "Une odeur maligne comme celle de la putréfaction et de la moisissure accumulées au cours des siècles".

Wilbur Whateley naquit à la Chandeleur d'une mère albinos laide, « créature solitaire portée à courir les collines au milieu des orages,s'efforçant de lire les gros livres odorants que son père avait hérités de deux siècles de Whateley et de père « inconnu ». Élevé par un grand-père à moitié fou, ou à moitié sorcier (ou les deux ?) Wilbur était diablement laid, ne sentait pas la rose, évoluait d'une croissance hors du commun, quasi exponentielle, aussi bien physiquement qu'intellectuellement, et rendait dingues tous les chiens qu'il croisait. Un sacré portrait.

Wilbur était une horreur, à Dunwich, c'est un fait. L'histoire pourrait s'arrêter là. Mais ce qui se voit n'est jamais le plus horrible. Ce qui ne se voit plus le sait bien..

 

 Note : 8/10